Clap yours hands 7 – Jens Leckman comme au premier jour

24 avril 2017 Par
Antoine Couder
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La pop du Suédois prodige était en haut de l’affiche du septième festival « Clap your hands » du Café de la Danse. Beaucoup de fans de la première heure dans une salle pas tout à fait pleine …

Jens a demandé à ceux qui ne l’avait jamais vu en concert de lever la main, et il leur a souhaité la bienvenue. Et puis, comme il est plein d’esprit, il a ensuite demandé à ceux qui l’avaient déjà écouté en live de lever la main à leur tour. Et il a dit, « welcome back » avant d’enchaîner, de jouer et de raconter ses chansons pour lesquelles au fond une seule question philosophique vaut d’être posée : est-ce que ce sera une chanson triste ou une chanson gaie ?

Lekman est né à Göteborg en 1981, il est l’un des prototypes de ces mélodistes suédois, post-Abba qui tiennent le haut du pavé de la pop music depuis une trentaine d’années. Sauf que, plutôt que de partir du côté de l’électronique (Denniz Pop, Max Martin, l’écurie Stargate), Jens est resté un indécrottable romantique du rock des années 80. Sa voix, magnifique, doit beaucoup à celle de Morrissey dans sa période Smiths, et sa musique, suffisamment intelligente pour faire passer pour de la simplicité ce qui est toujours hautement élaboré, rappelle le meilleur du Style Council (l’album Our favourite shop) et les fines mélodies de Stephin Merritt (Magnetic fields). On cite généralement le nom de Jonathan Richman pour le côté calypso, presque tropical qui titille sa pop un peu mélancolique mais Jens est de la génération d’après, d’après la joyeuseté pop, et considère qu’il ne peut être aussi enfantin et magnifiquement insouciant que son héros. Comme l’explique l’une de ses chansons, on sait parfaitement ce que l’amour n’est pas (I know what love isn’t).

Est-ce que ce sera une chanson triste ou une chanson gaie ? Ce sera toujours et par petites touches, un peu des deux. Un spleen enivrant, des larmes que l’on a depuis longtemps ravalées et cette façon de s’envoler sur la piste de danse pour tout oublier. D’ailleurs, ce que Lekman a gardé d’ultra contemporain, c’est son humour à froid (il faut l’entendre présenter sa claviériste comme une spécialiste de la musique funéraire), et son côté pince-sans-rire qui lui permet de parler des cheveux et des shampoing de sa belle alors que lui, justement, plutôt beau mec dans sa jeunesse, est aujourd’hui complètement chauve (What’s that perfume that you wear ?).

Dans la salle, nous sommes tous entre deux âges, riant, dodelinant de la tête et oubliant l’espace d’une soixantaine de minutes tous nos petits soucis (lorsque Jens demande au public d’exprimer quelque chose au sujet des élections, on entend un murmure de réprobation… et lui d’ajouter, c’est bien ce que je pensais…). Le rappel, ferme, ne sera pas non plus vraiment insistant parce que le public n’est pas seulement heureux d’être venu, il l’est également de partager ces fugaces instants ; car tous savons bien que Jens mérite mieux qu’une petite salle, qu’il a besoin de dix, douze musiciens, de congas de violons et de piano. Qu’il serait vraiment parfait en live pour les prochains grammy awards. Mais ce n’est pas le bon film, Jens et nous ce sera juste A night at the Café de la danse. Comme il le dit enfin, arrêtant le fil de sa pensée, comme si enfin tout s’éclairait, I want to grow old with my crowd… Tout est dit.

Antoine Couder

Visuel : Jens Lekman


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