Avec « Pollinator », Blondie essaime son génie

7 mai 2017 Par
Alexis Duval
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Le groupe new-yorkais mené par les inoxydables Debbie Harry et Chris Stein n’a rien perdu de sa superbe. Le nouvel opus, énergique en diable, est plein d’hymnes insouciants et nostalgiques.

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Blondie de retour ? Mais quel bonheur ! On palpite rien qu’à l’évocation du groupe culte qui a fait les riches heures de la new wave et du punk. Call Me, Atomic, One Way or Another, Heart of Glass, The Tide Is High, Rapture, War Child, Maria… Debbie Harry et Chris Stein, les fondateurs du mythe new-yorkais, ont fait danser des millions de personnes sur ces tubes captivants, tantôt langoureux, tantôt endiablés, qui sont autant d’hymnes à la vie et à l’insouciance. Et à l’écoute de leur dernier album, Pollinator, sorti le 5 mai, pas de doute : l’incroyable énergie des seventies et des eighties ne s’est pas épuisée.

Bien sûr, la voix de Debbie Harry témoigne des excès qu’a connus l’icône. Mais qui peut se targuer d’une telle pêche, d’une telle fougue, à 71 ans ? Avec son roulement ultravif de percussions et son featuring avec Joan Jett, le premier titre, « Doom or Destiny », donne la couleur : Blondie est de retour avec du très lourd. Et le fait qu’elle ne chante pas toujours juste – c’est notamment flagrant sur « When I Gave Up on You » n’est même pas reprochable. Dans un autre genre (mais du fait d’excès similaires), Marianne Faithfull et les aspérités de son timbre rauque comme nul autre ont un charme fou. Altérée, mais toujours identifiée, la blonde platine au charisme fou impressionne toujours.

Habits de lumière

Cet onzième album, dont le titre, Pollinator, évoque l’univers de la ruche, témoigne de fructueuses collaborations. Que ceux qui pousseront des cris d’orfraie en y voyant la patte de bourdonnants producteurs aillent se rhabiller : les New-Yorkais se glissent mieux que quinconque dans les habits de lumière conçus par de célèbres admirateurs. Parmi les plus notables jeunes abeilles, Sia et Nick Valensi des Strokes, qui cosignent « Best Day Ever ». « Toute association avec Sia est un véritable honneur », a déclaré Debbie Harry dans un entretien à Billboard. Et la chanteuse de confier que les membres du groupe sont « des fans absolus de Titanium ».

On tire notre coup de chapeau à « Love Level ». Dans ce tube festif aux cuivres triomphants et aux sonorités disco pop majeures, la voix du comédien made in Brooklyn John Roberts se fond à merveille dans les sillons de miel qu’a laissés derrière elle Debbie Harry. On se régalera aussi de « Fun », dont auraient très bien pu s’emparer les Scissor Sisters, et de son drôle de clip cosmique-psychédélique.

Avec « Fragments », qui clôt Pollinator, le rythme ralentit. Sans la réinventer, Blondie s’approprie et sublime la chanson du groupe de Vancouver an Unkindness. Sur un mode mineur et lancinant (« You can’t create more time, you just make it / If you want a new life, just take it »), « Do you love me now ? » est répété comme une rengaine, avant d’exploser en un sublime crescendo et sur un tempo un peu fou. Pour accompagner ce bel opus et asseoir leur retour en force, Blondie offre à ses fans une tournée qui passera notamment par l’Olympia, le 28 juin. Toute La Culture y sera, ce sera donc l’occasion de répondre à l’interrogation de Debbie Harry : oui, mille fois oui.

Crédit photo : couverture de l’album Pollinator de Blondie, sorti le 5 mai (BMG/Warner). Album physique à 15,99 €, en téléchargement sur iTunes à 9,99 €.