La playlist particulièrement réussie

10 juin 2018 Par
Antoine Couder
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Cette semaine, Let’s eat Grandma, Maestro, Nova Nova, Rosalia et l’énorme Obongjayar.

Everything Is Recorded – She Said (ft. Obongjayar & Kamasi Washington)

Un moment de transe parfaitement organisée par le patron de XL Records, Richard Russell ,qui fait rebondir sur nos visages étonnés la puissance et la présence de Steven Obongjayar paradant ici entre bonzaï, vaudous et femelles karatékas. Rythmes et répétitions imparables qui transportent et éclaircissent l’esprit de sa présence tendue jusqu’au final jubilatoire accompagné par le saxo chaloupé free de Kamasi Washington. Absolument magnifique.

Falling into me – Let’s eat grandma

Tu as bien digéré ton Björk, tu l’as peut-être même matinée d’un peu de Katy Perry. Mais je ne voudrais pas être offensant pour les artistes qui tiennent la dragée haute à la Water fall du son numérique, compressé et bien secoué dans sa rythmique de l’hémisphère sud. Et puis – musique Internet oblige- on brouille les cartes pour repartir sur la mélodie pop, le grain gourmand de la chanteuse, des chanteuses, deux frangines anglaises… Pas à la mode pour rien. On succombera bientôt, façon Fever Ray ou Gang gang Bang en son temps.

Malamente – Rosalia

On ne va pas comprendre clairement, même si on est hispanophone, tant le texte est obscur, sans doute grignoté par les besoins du beat. Nouvelle façon de chanter, on l’a vu après la soupe à la grimace qui a accompagné la sortie du Damn’ de Chris/tine (and the Queens). Pas tout comprendre oui, quelle importance. De toute façon c’est bien mal embouché. Malamente.

 Prisonner’s song – Nova Nova

Parfois d’ailleurs, le flot d’images suffira, superpositions encore et encore. Manœuvre de Dj pour greffer un style avec un autre et créer ces monstres musicaux qui planent, massifs mais inoffensifs au-dessus de notre bon goût. Et finalement oui, il y a un lien, ce lien des images qui nous imaginent littéralement. Piège ancestral bien perçu par le bouddhisme : ce que tu nommes toi, homme imparfait, finit par te nommer. Prisonner’s song.

 K.I.M – Maestro

Puisque LCD Sound system s’est endormi sur ses lauriers, dans cet auto-effondrement typique des artistes sachant rester modestes, voici donc des affreux sortis du garage à beat, indéniablement notre clip de la semaine pour ce sens mélodique début de siècle et cette espièglerie graphique qui consiste à rendre un clip impossible à regarder. On aborde ainsi les rivages obscurs de la fin de nos années 10, la fatigue des écrans et du scintillement, la retraite vers la teuf de la jeunesse qui s’enfuit. Filles et garçons nés autour de 1995 vous êtes particulièrement visés par cette entreprise de franche et joyeuse nostalgie.Made in french, forcément.