La playlist qui vous dirait (tant)

4 décembre 2017 Par
Antoine Couder
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Cette semaine, les fantômes de Go-between resurgissent dans les mémoires avec Us Girls, les anglais de Too many T’s, Enter Shikari et le rappeur de Grenoble, Tortoz. 

Rabble Rouser- Enter Shikari 

Salut, ça vous dirait un tube hardcore ? Passé au tamis punk des années 90 et cousu quasi electro body music en version Abba ? La tête dans les écrans et le métabolisme piloté par des substances éveillantes (les cigarettes qui font rire comme on disait avant) on réalise que les images de bonheur projetées sont en fait jouées par des « personnes » encore davantage défoncées qui ronflent dans l’arrière-salle. Ce n’est pas le film « Soleil vert » mais presque : on ne mange plus les inutiles mais on se nourrit de ce qu’il reste de leurs rêves.

Neighbours- Too many T’s

Et un truc un peu régressif, ça vous dirait ? Un nouveau groupe que l’on dit hip hop sans doute en raison de ce phrasé dans la tradition white prick des Beastie boys. En fait c’est plutôt couplet-refrain, hook nasillard qui fait balancer la petite soeur qui lève un peu la tête de ses révisions. Mais bon, il y a tous ces playmobils qui remplacent les humains et du coup oui, on peut imaginer une une sorte de Disney parade pour jeunes adultes. On peut comprendre que ces concepteurs rêvent d’un big shot pour la  période de Noël.

Velvet 4 sale- Us Girl 

Et un truc un peu vintage remis au goût du jour, ça vous tente aussi ? Ici les images d’un téléfilm australien un peu en avance sur son temps question harcèlement et sévices sexuels signé des Us Girl qui balancent donc un clip préludant à une sortie d’album en février prochain. Bien foutu, rempli d’image glacée et de guitare qui ressemblent à une fraise de dentiste, le dispositif dans la distanciation qu’il instaure apriori (police + drama + images anciennes) fait mouche sans faire pleurer Margot.

Ya tu sabes- Tortoz

Et un petit contenu musicologique, vous en pensez quoi… oui ? Le nouveau clip d’un rappeur grenoblois qui dévoile ses influences latines. D’accord, son père est musicien de flamenco, il n’empêche. Ça fait bien longtemps que l’axe caribéen et hispanique traverse le hip hop d’ici et d’ailleurs et ça fait du bien de le sentir joué cash, d’autant que l’ami Totoz cuisine habilement tout ça avec un flow bien de chez nous, tout en street langage et jolies cambrures R’nbe. Mais tu savais déjà.

Cattle and cane- the Go-Betweens 

Et un petit hommage pour finir, c’est jouable non ? Dans la foulée de la touchante et very successful autobiographie de Robert Foster, leader des très cultes Go-Betweens (Grant &I : inside and outside the Go-betweens, Omnibus editions), on reprend une petite gorgée de ce savoureux miel australien, parfaite et sérieuse réponse pop au début des années 80, crème de la crème de l’éternels dandisme.