Playlist de la semaine (130)

12 septembre 2015 Par
Bastien Stisi
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Le premier album tout noir de l’Allemande Helena Hauff, l’album de reprises de Yo La Tengo, le remix de Jabberwocky par Rone…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Helena Hauff, « Sworn To Secrecy Part II »

On avait noté il y a quelques semaines, parce que le nom du morceau à lui seul valait le détour et parce que sa techno obsédante bénéficiait d’une tranquillité inquiétante, la présence de la Hambourgeoise Helena Hauff, alors parée d’un EP (Lex Tertia) qu’on l’avait vu défendre dans l’obscurité moite de La Machine du Moulin Rouge. Pourvue aujourd’hui d’un album (Discreet Desires, Werkdics / Ninja Tune), l’Allemande vacille entre post-punk salasse, krautrock sinueux et techno glaciale, et s’impose comme l’une des plus séduisantes actrices de la rentée électro. Si tant est que la séduction puisse passer par l’usage exacerbé de la noirceur la plus absolue…

2. Yo La Tengo, « Friday I’m In Love »

Ils avaient fait le coup en 1990, et le refont en 2016 : après Fakebook (il n’y a pas ici de coquille), qui reprenait avec un timbre nouveau des titres d’autres et des titres d’eux-mêmes, les Américains de Yo La Tengo revisitent avec Stuff Like That There (le nom est malin) quelques grandes figures indie, de Great Plains à Hank Williams, de The Parliaments à The Cure (ici, la reprise de « Friday I’m In Love »). Ils reprennent aussi, encore une fois, quelques éléments issus de leur propre discographie (« All Your Secrets », « The Ballad of Red Buckets »), et parviennent à faire du très bon nouveau avec du très bon ancien.

3. Kyrie Kristmanson & Quatuor Voce, « Bad Body »

La Canadienne Kyrie Kristmanson, ornée de quatre albums studios (le premier, The Kyrie K Groove, date déjà de dix ans), est ce que l’on pourrait nommer une « trobairitz 2.0 ». Comprendre : une obsessionnelle quasi ethnologue lancée dans l’étude sérieuse de l’art troubadour féminin (sic), et qui profite des mille perspectives proposées par le monde moderne pour fusionner ces instants d’hier avec ceux d’aujourd’hui. Aux côtés de ces sons médiévistes, on retrouve ainsi des ambiances de musique contemporaine, de jazz et de folk, qui aboutissent à un album (Modern Ruin, nom judicieux) bientôt présenté dans l’enclave adaptée du 104, le 27 octobre prochain.

4. NORD, « Temps Morts »

NORD ne vient donc ni des calottes glaciaires de Scandinavie comme le suggère son nom, ni des contrées post-soviétique de la capitale lituanienne comme le suggère le contenu du premier morceau ici de son premier EP (« Drunk », qu’on avait déjà évoqué au moment de sa sortie). Xavier Feugray vient en réalité de Rouen (on est tous le nordique de quelqu’un après tout), et cela, il l’affirme et le signe en demeurant figé, solennel et décisif, au sein de l’Abbatiale Saint Ouen de sa ville natale, qu’il investit pour les besoins du clip de « Temps Morts ». Et s’il termine allongé, de son propre chef, dans un cercueil boisé, c’est qu’il a compris l’orientation qu’étaient destinés à avoir certains des amours sacrés. En concert le 24 septembre au Badaboum.

5. Kambuza, « Elle aime les tempêtes »

Kambuza, c’est un peu Raphaël et un Renaud bien rasé (le premier a tant écouté le second..) qui seraient tombé sur un vocodeur de tout premier prix et un synthé nouvelle génération, et y auraient actionné un sample raveur préenregistré. Le descriptif, loin de faire rêver comme ça, fonctionne en réalité de manière surprenante, et laisse s’égarer sans trop de gêne aux côtés du petit tube « Elle aime les tempêtes », efficace comme une dispute (ou une tempête ?) suffisamment bénigne pour que l’on puisse se réconcilier immédiatement derrière. Le clip est pour sa part signé par le frangin (Renaud, comme un signe) du chanteur en question, et annonce un EP prévu pour les semaines à venir.

6. Isa Somparé, « Comment tu m’vois »

Alors que son EP Rouge à Rêve sort le 25 septembre, Isa Somparé endosse tous les rôles dans ce premier clip très « Titi parisien ». Clavier, Xylo, texte travaillé et influences oscillant entre Barbara et le jazz, « Comment tu m’vois » est un de dynamisme qui rend d’humeur combative…(Yaël Hirsch)

7. Jabberwocky, Fog (Rone remix)

Pour marquer la sortie de Lunar Lane, le premier album de Jabberwocky (qui sortira le 1er septembre chez Polydor), on a fait appeler au stakhanoviste Rone, qui enchaîne albums, remix et dates pleines à craquer à un risque particulièrement effréné. Le porte-étendard d’InFiné repasse ainsi sur « Fog », le gros tube du trio, et l’enroule dans l’enveloppe electronica house qui le caractérise désormais totalement.

Visuel : (c) pochette de Discreet Desires d’Helena Hauff