La playlist de campagne

20 novembre 2017 Par
Antoine Couder
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Cette semaine, ça sent bon la forêt, musique folk et extension d’aujourd’hui avec notamment  Omar Souleyman, PicaPica,  Alt-j et  Forever Pavot. 

Living – Eera
On va commencer par se faire plaisir avec cette mise en abîme dans le registre pop-noise inspirée nous dit-on d’un titre des Pixies. Extrait du premier album de la Norvégienne Anna Lena Bruland, ce face-à-face à peine esthétisé avec une fille à la guitare touche juste, en sensibilité et en maîtrise, et en ce qu’il invoque vaporeusement le meilleur du genre (big Dada/Pias).

Mawal – Omar Souleyman (Simian Mobile disco remix)
Le remix de la semaine pour fêter le retour du Syrien à la Belleviloise ce 24 novembre. Le titre lent, corde et voix, est ici transfiguré par les anglais du Mobile Disco qui en conserve la tristesse profonde pour lancer le chant sur une autoroute de basse et de batterie typique d’un dance-floor alangui. Un joli clin d’œil au grand mix des années 90.

Small time/secret – PicaPica
Nouvelle signature du label Rough trade, Josienne Clarke et Samantha Whates revisitent la tradition sunshine pop des années 60 qui plonge dans les racines folk écossaises et produit une curieuse équation de ce chanter ensemble, à la fois convergente et divergente, chacune offrant sa propre interprétation dans un duo joliment soutenu par la perle des ingé son (Sonny John). À la fois typique et complètement original… So 2017.

Pleader – Alt-j
On reste au Royaume-Uni (enfin presque uni) et cette insistance à revenir au passé glorieux des gens simples, dignes et taiseux, ici tout bêtement la jeune fille qu’on livre à la maternité (avec scène cash d’accouchement) et la liesse qui s’en suit. La belle histoire est vite rattrapée par les effets spéciaux du moment qui littéralement permettent de tout faire péter à l’image. Pour le reste alt-j tire le bon fil de la musique ancestrale qui accompagne la vie en vrai et en rituel. À peu près tout ce qui nous manque aujourd’hui (Pias).

La pantoufle est dans le puits – Forever Pavot
Emile Sornin lève un voile pour mettre un peu plus de lumière sur cette obscurité qu’il chérissait jusqu’ici avec la complicité de quelques geeks à la tête bien faite qui ont assuré la promotion due son premier album. C’est l’heure d’embrayer sur la suite et boum, la réussite est au rendez-vous. Soi-disant grand public, soi-disant underground, parfaitement agencé et terriblement surprenant, voici un disque qui se classe parmi les meilleurs de l’année (Born bad records).