FESTIVAL AFROPUNK PARIS : JOUR 2 – immersion massive dans la musique afro contemporaine

20 juillet 2017 Par
Vincent Fournout
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Pendant deux jours, la troisième édition de l’Afropunk Festival (lire l’interview du fondateur Mathew Morgan) a envahi la Grande Halle de la Villette et fait couler un torrent de musique afro-contemporaine en provenance du monde entier, complété d’un marché multiculturel ouvert à tous entre associations militantes, street food et marques de mode afro-parisiennes. Coup de coeur du dimanche (et samedi c’est ici). 

C’est Sate qui ouvre le bal (ou la messe dominicale). La fille de la Première Dame du Blues du Canada Salome Bey, a d’abord travaillé sous le nom de Talibah avant de muter en Sate. Un parcours intérieur qui transparait sur scène avec une soul rock énergique et moderne avec beaucoup de convictions sociétales instinctivement partagées par le public.

Là-dessus arrivent les Nova Twins qui vont déverser une méchante déferlante de basses. Hargneuses, un brin sadiques, les deux punkettes londoniennes font mal et aiment visiblement ça. Une sorte de multi martial art (discipline de combat interdite en France) directement appliqué aux oreilles.

Après cette épreuve du feu, il nous fallait passer à autre chose. L’antidote nécessaire et joyeux a été injecté par le Ghanéen Blitz the Ambassador , originaire de Brooklyn. Il s’est posé en capitaine de bord d’un voyage musical où l’a suivi le public avec bonheur. Nous avons exploré les racines du rap, de la funk et de la musique africaine arrimés à un mur de cuivres explosifs et portés par une foule qui s’est donnée à la danse. Un grand moment.

La grande Laura Mvula a enchainé avec sa black folk musique habitée par les questions d’identité. Le format festival privilégiant les sets très courts n’était pas peut-être idéal pour cette musique tendre et subtile qui a immédiatement conquis un public qui en aurait bien repris un peu plus…. Et, nous aussi.

Faada Freddy a alors surgi sur une scène vide d’instruments. Le sénégalais, issu d’un des groupes de rap les plus connus d’Afrique -Daara J construit désormais un projet artistique en solo terriblement séduisant échappant à toutes les tentatives de catégorisation. Le groupe est composé de cinq vocalistes, sans instrument donc. Quand on a dit ça, on a peut-être mentalement rangé la formation dans un genre a cappela gentiment émouvant mais pas trop longtemps.

Soutenu par une voix exceptionnelle, Faada Fredy développe une puissance musicale hors norme dans un show digne des grands artistes américains capable de remuer des foules immenses. C’est une bête de scène qui sait tout faire : chanter, danser, émouvoir et amuser une foule qui a successivement vibré sur de la new-wave, communié dans le gospel, scandé du rap et explosé sur une session électro justement pas électrique mais totalement (sur)humaine. Quarante minutes pour unir toutes les chapelles présentes à l’Afropunk ?

We the people.

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Crédit photo : Valérie Lacouture