[LIVE REPORT] LOUANE NEKFEU LANA DEL REY EDITORS MAJOR LAZER AUX VIEILLES CHARRUES 17/07/2016

18 juillet 2016 Par Thibaut Tretout | 0 commentaires

Quatrième et dernier jour de cette vingt-cinquième édition des Vieilles Charrues, sur un site encore et toujours écrasé de soleil, évidemment noir de monde et, pour les festivaliers les plus insouciants, carrément rouge brique. Avec un cours de breton délivré par un bénévole très au fait des mutations consonantiques de sa langue, Toutelaculture est prêt à couvrir le final du plus convivial des festivals.

Tel qu’en lui-même l’éternité ne le change pas, Jake Bugg prend le contrôle de la scène Kerouac, où résonnent les accents presque déjà familiers d’un folk maîtrisé à la perfection. Côté Grall, Lilly Wood & the Prick parvient à faire danser un public pourtant accablé de chaleur, au son enlevé – « Prayer in C » – d’accords à la fois rock et dance, joués avec une conviction qui est aussi le fruit de l’expérience. Louane, elle, n’en a guère encore, et il lui faut quelque temps pour surmonter, face à la foule amassée au pied de la scène Glenmor, une excusable et compréhensible timidité. L’icône adolescente ne ménage cependant pas sa peine, et sait jouer de la voix pour l’« Avenir » comme pour une – énième – Marseillaise : il faut, après tout, que jeunesse se fasse, et celle de Louane a, au moins, quelque chose d’attachant.

La suite s’emballe, trépidante et lumineuse, avec une recharge électro-pop de « Gasoline » passée par « L.A. » : ave, donc, Las Aves ! Au même moment retentit un triple wesh lancé aux Vieilles Charrues par un Nekfeu déterminé à « foutre le bordel » et qui sait parler de ses « reufs » avec une ardeur véritablement communicative. Ouvrant le feu sur clones et clowns apôtres de la terreur, Nekfeu gratifie son public de ballons et de confetti, sans rien renier d’un rap de base qui finira peut-être par devenir – « On verra bien » – classique.

Au loin, façon Ben, un nom apparaît : del Rey. Lana del Rey, dressed as a bride, robe blanche, couronne de perles aux cheveux, venue comme pour épouser le public des Vieilles Charrues. Accompagnée de musiciens virtuoses et de choristes sensationnelles, hypnotique et désenchantée, la plus boudeuse des filles de l’Amérique décline ses tubes les plus envoûtants – « High by the beach », bien sûr, « Summertime sadness » évidemment, et, pour finir, seule à la guitare, un somptueux « Video games ». Manifestement émue, Lana del Rey s’aventure auprès de ses fans, multipliant les baisers et des photographies qui n’auraient pas déparé dans ses clips rétro nostalgiques. « I do absolutely love you », dit-elle. Et réciproquement.

Convenable mais convenu, Editors s’emploie à ranimer la scène Kerouac, sans le succès que ne rencontre manifestement pas un rock trop influencé et sans âme identifiable. La clôture, par bonheur, renoue avec l’énergie dont Major Lazer déborde, noyant la scène principale sous un déluge excessivement beauf de lumières et d’enchaînements dance bling bling. En Grall, programmée au même moment, La Yegros fait mouche : sa fougue et son allant, les enfants qu’elle embrasse, la cumbia sublimée qu’elle incarne, ne pouvaient que convaincre, et nous laissent avec le regret de voir s’achever déjà ce formidable anniversaire, à la réussite duquel oeuvrent tant de passionnés. Kenavo Carhaix.

Texte et visuels : Thibaut Tretout et Gweltaz Le Fur


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