Live-report : Joan Baez, la reine du folk enchante à nouveau le public du Grand Rex (11/10/2011)

12 octobre 2011 Par
Yaël Hirsch
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Après deux concerts à guichet très fermés en mars dernier au Grand Rex et un passage salué à la Fête de l’Huma cette automne, Joan Baez était de retour dans la salle mythique des Grands Boulevards pour un concert généreux, simple et extrêmement émouvant. Consciente de représenter une page de l’Histoire à elle seule, Joan Baez revit simplement des convictions et des espoirs qu’elle a conservés; elle les transmets à un public fasciné où générations et horizons se confondent et se mélangent en musique. Le temps n’a aucune prise sur ce monstre sacré.

Sylphide, cheveux courts et blancs immaculés, Joan Baez apparaît sobre, toute de noir vêtue, avec sa guitare à peine branchée. A ses côtés, un homme orchestre formidable qui l’accompagne aussi bien au ukulélé, qu’à la basse ou au piano. Voix pratiquement inaltérée par les années, Joan Baez dégage une grande force calme, et interprète des reprises parfaitement orchestrées. Elle alterne chansons d’amour singulières (« Just the wayyou are ») et morceaux engagés (Charriot) et engage dans un français parfait le public ravi à reprendre les refrains avec elle. Amie éternelle, Joan Baez rend hommage aux amis : Bob Dylan qu’elle a découvert (« With God on our Side ») et Leonard Cohen (« Suzanne »), rendant à chaque fois à chacun ce qui lui revient. Puisque c’est Paris qui est venu l’écouter ce soir, Baez reprend en français un titre engagé de Maxime Leforestier qui l’avait marquée lors d’un de ses premiers passages dans la capitale française (« Parachutiste »).

Simple, authentique, égale à elle-même, Joan Baez a très conscience de représenter à elle seule une génération pleine d’espoir de paix et d’harmonie entre les peuples, ce qui éclate dans sa reprise bouleversante de « Imagine » de John Lennon. Et elle réécrit pour son public et avec son public cette page de l’histoire, encore et encore, puisqu’elle-même n’a pas changé d’un iota. Par exemple, lorsqu’elle chante pour la paix à « Jérusalem, » elle avoue y croire plus que tout, quitte à paraître naïve.

Aux trois quarts du tour de chant, la reine du folk accueille une amie et musicienne surdouée, Marianne Aya Omac. Elle n’est pas encore connue (elle le sera probablement très prochainement) vient de Montpellier et est une rencontre récente : Baez interprète avec elle une chanson du répertoire de cette dernière en espagnol, puis les deux femmes entonnent la sublime  ranchera « Llorona ». Encore une deux chansons seule en scène puis, Joan Baez salue une première fois. Pour mieux offrir 5 titres de bis. Un duo classique en espagnol avec sa complice, destiné comme un message au Président Obama, « Le deserteur » de Boris Vian, qu’elle transfigure a cappella. En communion avec le public, elle revient à « Blowing in the wind » puis à « Donna, Donna ». Enfin en liesse et en final ultime « Here’s to you ». Standing ovation, pour ceux qui ont encore la présence d’esprit de se lever pour saluer une reine.

Pendant une heure et demie de concert Joan Baez donne sans compter le meilleur d’elle-même. Un tour de force et de foi au-delà de l’exceptionnel où soudainement les espoirs les plus fous des années 1970 semblent encore d’actualité.

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