Lail Arad energise le Divan du monde pour le festival LFSM

30 mars 2011 Par
Yaël Hirsch
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Vendredi 25 mars, toutelaculture a encore assisté  une superbe soirée du festival Les femmes s’en mêlent au Divan du monde. De 19h à 23h, des femmes de talents accompagnées de leurs mâles de musiciens ont enchanté leur public. Au programme : les chansons douce-amère des N’Relax, le rock brut de  Clara Luzia et surtout l’énergie sixties de la formidable Lail Arad.

Ce sont les français de N’Relax qui ont ouvert ce joli bal LFSM de vendredi dernier. Accordéon en main, Marine Pellegrini a surpris le public avec sa voix cristalline. Avec des textes très noirs sur une musique aux multiples couches de sonorités étranges à la CocoRosie, N’Relax a invité le public à découvrir l’univers déjanté de l’album Oak Tree (Grolektif/Anticraft-MVS), sorti en novembre dernier.

Coupe et formes garçonnes (ses musiciens se moquent d’elle en disant qu’elle ressemble à Justine Bieber), l’autrichienne prophétesse en son pays Clara Luzia prend le rock et la vie très au sérieux. Changeant de guitare avec élégance, cette petite reine de la scène indépendante viennoise nous a fait découvrir un univers néo-romantique, sombre et authentique. Son prochain album, « Falling into Place », sortira au printemps prochain.

La fille du designer Ron Arad ne s’excuse pas d’avoir eu une enfance surprotégée. Dans son titre enjoué « Had it harder », elle explique que si elle avait eu une vie plus difficile, elle aurait sûrement chanté plus fort et des choses plus profondes. Si son premier album « Someone New » (Notify Music/EMI) parle surtout de sa vie londonienne, de ses potes qui déménagent à Berlin «  »Everyone is moving to Berlin »,  de ses amants internationaux (« The pay you have to price ») et de ses chagrins d’amour (« Reminds me of you »), la jeune femme pratique sa narration bobo avec un talent exceptionnel (les textes de ses chansons sont vraiment excellents, qualité qui se fait de plus en plus rare), et beaucoup d’auto-dérision.  Jamais tout à fait égotique, la petite fille gâtée et surdouée a sa manière  à elle d’observer le monde, juste et percutante. Ainsi, son hit « Who am I? » dépeint une femme parfaite qui vieillit dans la superficialité avec tendresse et cruauté. de même « Captcha » ironise sur les encodages de nos ordinateurs qui cherchent à vérifier que nous sommes bien des humains. Doté d’une voix puissante et bouleversante, pratiquant une musique entraînante mi-folk, mi- funk sixties, et dont l’esprit se situe entre Kate Nash et Lily Allen, Lail Arad sait mettre ses musiciens en valeur, faire des bruits de fêtes avec de drôles d’instruments en plastique, et passer de la guitare au piano, tout en s’adressant au public du divan du monde en Français. Malgré le côté Wunderkind sur le berceau de laquelle toutes les fées se sont penchées, et malgré les influences très rétro de sa musique, Lail Arad a le charme fou de ceux qui savent ne jamais s’excuser de ce qu’ils sont. Elle est donc parfaitement authentique.  Son plaisir sur scène est communicatif : On sort du concert charmé et energisé. Et la magie veut que le phénomène se reproduise quand on écoute son excellent album au réveil. Quand une muique aussi bien construite tire vers la vie et la joie, il serait bien dommage de bouder son plaisir… Lail Arad est donc à découvrir d’urgence. Elle est encore en tournée en France jsuqu’à cet été, les 30 et 31 mars dans le cadre du festival LFSM (respectivement Clermont Ferrand et Le havre) puis en off du Printemps de Bourges aux  3 P’tits Cochon, le 21 avril. Toutes les dates de sa tournée sur son myspace.

Lail Arad, « Someone New » (Notify Music/EMI), sortie mars 2011, 13.99 euros.

Informations Pratiques


Liens: Le site du festival Les femems s'en mêlent



Découvrez la playlist Lail Arad avec Lail Arad

Lail Arad - Had it Harder par canalchat
Who Am I - Lail Arad par NOTIFYmusic