La playlist des chéries et des mouches

4 février 2018 Par
Antoine Couder
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Cette semaine, Orë, DJ Koze, R.Lum.R, le flamboyant Tornados qui « chérie  la mouche ». Et puis, oui, re-Angèle. 

Je veux tes yeux- Angèle

On se repent d’avoir clairement maltraité la petite Angèle avec sa « loi de Murphy » et sa buzzitude un peu surestimé . Alors pour le coup, on repart ici d’un meilleur pied, avec ces yeux mi-plastiques mi-objet pur du désir de tout prendre et de ne rien donner, le tout bien balancé entre bourrée auvergnate et délicatesse hip-hop … La variété qui grignote le bon goût du flow d’à côté, celui qui derrière le périph’ est bien situé.

Agence matrimoniale – Orë

Parce qu’il faut quand même faire gaffe  Angèle, il y a de la répartie dans l’air, dans la concrete jungle des cours de danse des MJC, les cours de récréation de l’impossible égalité. Ici ça tape fort, production aux petits oignons, murmure des ténèbres du hip-hop et des yeux revolver totalement entraînants et sexys. Et puis, zou, , on est prisonnier.

Close enough – R.LUM.R

Si j’étais le DJ de la playlist, j’enchaînerais direct là-dessus, pour essayer de faire comprendre que la sincérité, ça se travaille, que l’EDM ne tient pas toute seule,  non il faut un peu d’esprit, toujours. Donc voilà, ça  titille grave l’algorithme de Spotify sans forcément que l’on ait besoin d’en rajouter. Joie !

Seeing aliens – DJ Koze

Changement de décor et retour au basique pour le DJ hambourgeois jamais fatigué qui lâche ses fantômes sur les quais du port, entre brouillard et intensité. Pas là pour rigoler, à vrai dire le DJ Koze n’est pas venu chercher la bonne synchro pour une énième publicité de gros moteur et d’acier chromé. Après un démarrage assourdissant, ses spectres s’envolent en deuxième partie de morceau et ils chevauchent le ciel étoilé.


 

 

Chérie la mouche – Little Tornados

Le chouchou pour la fin, le délicat phrasé de David Thayer (Laetitia Sadier, John Herndon de Tortoise) à la fois bref et intense qui annonce le prochain album, sans doute du meilleurs effet. Guitare en bandoulière et synthé trafiqué pour flotter dans les temps d’avant, rétrofuture et mélancolie anglaise revue et corrigée de Suisse allemande (Zurich) où l’on sait mitonner les belles recettes des années 90 et rester vivant, là, toujours, maintenant.