La playlist de la semaine : princesses à petits pois

19 juin 2017 Par
Antoine Couder
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Presque souterraine, en français dans le texte, un mouvement difficile à nommer se pique de re-découvrir ou de ré-inventer les ritournelles d’antan. Entre néo-folk, musique ancienne et performances d’interprètes, voici de quoi vous donner envie d’amour courtois.

Eloïse Decazes et Eric Chenaux – Un album qui vient de sortir (« La Bride », Three, four records) et une réputation qui se confirme : ce duo magique revisite en toute originalité les ballades du passé. Chenaux le Canadien dans son jeu libre et foisonnant et Decazes la suissesse, candide interprète qui porte plus qu’elle n’analyse la torpeur et le bonheur de ces phrasés monophoniques et au final totalement enivrants. L’amour ?

Nico- Un classique, extrait du troisième album de la chanteuse culte alors que celle-ci partage sa vie avec le cinéaste Philippe Garrel. On mesure tout le chemin parcouru entre l’approche expérimentale de ces années 70 et la production qu’en tire aujourd’hui Decazes et Chenaux : un approfondissement onirique dans un style peut-être plus formel. Un même esprit toutefois, tout à la fois pensif et mélancolique (à l’image, le fils de Nico et d’Alain Delon, Ari).

La Féline – Avant de se résoudre à dire adieu à l’enfance ( Kwaidan records, « Adieu l’enfance », 2015), Agnès reprenait cette vieille et triste ballade qui conte l’histoire d’un roi tombant amoureux de la compagne de l’un de ces marquis qu’il nomme maréchal en échange de son épouse. Loyauté féodale oblige, le marquis consentira, sa belle en respirant le parfum d’un bouquet sombrera dans l’au-delà. La voix intense de la Féline derrière un fracas électrique contenue fait de cette reprise un magnifique étendard de princesse.

Julie Doiron- Jeu libre tout en sautillements gracieux, la canadienne frappe ici par cette composition originale qui suit le cours d’un folk ancien sur lequel elle imprime ses préoccupations et sa sentimentalité contemporaine. Véritable petit chef d’œuvre pour amoureuse transie, ce charmant cœur s’écoute les larmes aux yeux. Julie, tu te fais tellement rare… Pourquoi nous as-tu abandonnée ?

 Brigitte Fontaine- Le meilleur pour la fin, ce texte qui brise le miroir des souvenirs, tenu d’une voix pleine par une chanteuse au meilleure sa forme. Est-ce l’enfance, est-ce l’amour ? Ce quelque chose qui a disparu finalement réincarné dans toute sa crudité de gamine, dan son tutu raide. Il n’y a rien à ajouter, parce que « les enfants brillaient », parce que l’amour est « sans parole »

Photo : Pixxxo


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