La country nue de Josh T. Pearson

25 février 2011 Par
Yaël Hirsch
| 4 commentaires

Reconnu pour son groupe « Lift to experience » et son album mystique « The Texas-Jerusalem Crossroads » (2011), le texan Josh T. Pearson sort le 15 mars prochain son premier album solo : « Last of Country Gentlemen ». Un album qui porte bien son titre : Seul avec sa guitare et une voix qui puise au plus profond des émotions, Josh T. Pearson livre une country si pure qu’elle ne peut qu’être élégante… Révélation.

Josh T. Pearson résume à merveille son disque quand il dit : « Je voulais que ce soit un disque assez bon pour faire une fin au cas où je ne sortirais plus rien pendant dix ans. Il est totalement honnête et désespéré. Il faut vraiment l’écouter, c’est éprouvant, mais ça en vaut la peine. » Parfaitement peaufinées et s’enchaînant dans un même souffle épuré, les 8 chansons du gentleman de la country sont en effet de purs joyaux de sincérité. Portés par sa voix profonde, les mots directs décrivent sur le grattement d’une guitare lancinant les épreuves de l’artiste.  D’une voix aiguë et brouillée, « Thou Art Loosed » est une sorte de requiem country qui enregistre la chute de l’homme. Sur un thème proche de « It ain’t me babe » de Bob Dylan, « Sweetheart I ain’t your Christ » exprime avec infiniment de douleur l’impossibilité pour l’amant de sauver celle qu’il aime, car il n’est pas Dieu. « Women when I have raised Hell » parle des désillusions amoureuses avec une justesse qui coupe le souffle (voir vidéo). Doux-amer, « Honeymoon » commence sur des grattements grillons presque latino de cordes pour décrire avec ironie une lune de miel solitaire d’un homme amoureux d’une femme déjà prise. Le tourment traditionnel de celui qui attend l’être marié est encore renforcé par la culpabilité du chrétien. Puis, dans « Sorry with a song »,  il s’excuse auprès d’une (autre?) femme du poids que pèse son passé et des déceptions qu’il a causées. Les paroles introspectives de « Country Dumb » viennent pousser le chant doux-amer de Josh T. Pearson vers une mélancolie désespérée. Enfin, l' »outro », « Drive Her Out », est un adieu qui entérine toute la lenteur de la catastrophe. Pas d’espoir donc, mais qui a dit que la musique servait à espérer?

Last of Country Gentlemen est un album intime, épuré, sincère et qui demande une attention profonde pour ressentir toute la force des émotions, et le souffle de croyance qui les habite. C’est seul ou en live qu’il faut goûter le fruit amer et précieux de cet apocalypse pour cordes et voix.

Ne ratez donc pas le passage du country gentleman au Café de la Danse le 15 avril prochain.

« I am in love with a woman who simply ain’t my wife. I am in love with an amazing woman she simply isn’t my wife. » (« Honeymoon »)

Josh T. Pearson, Last of Country Gentlemen (Mute/Naïve), 15.24 euros. Sortie le 15 mars 2011.

Vous pouvez télécharger librement « Country Dumb » sur le Site de Josh T Pearson.

La country nue de Josh T. Pearson