[Live report] Gogo Penguin et Erik Truffaz à la Villette

13 septembre 2016 Par Delphine Habert | 0 commentaires

Toutelaculture suit de près le festival Jazz à la Villette. Mercredi soir, c’était au tour du trio de jazz britannique Gogo Penguin de commencer la soirée sous la grande halle de la Villette, suivi par le trompettiste Erik Truffaz accompagné de son quartet et de la chanteuse Rokia Traoré.

Gogo Penguin commence à avoir une certaine notoriété dans le monde du jazz. Ce trio britannique est plus proche de la pop et de la musique atmosphérique que du jazz pur, mais leur musique laisse tout de même une certaine place à l’improvisation, et c’est notamment la contrebasse de Nick Blacka qui prend la plupart des solos, ce qui nous permet d’apprécier cet instrument qui sert de socle dans toute formation jazz. Les boucles harmoniques et mélodiques répétées à l’infini dessine un univers brumeux, des paysages déserts, froids, où l’on avance à petit pas, on se croirait dans les plaines britanniques, leur musique est évocatrice d’une nature hostile et froide. On sent se dégager de la nostalgie dans leur morceau, au travers d’inspirations nombreuses : du trio EST au compositeur Ludivico Einaudi en passant même par des sonorités parfois même métalleuses. Le fil rouge de leurs morceaux reste cet univers qui revient, toujours le même, comme une rengaine.

Erik Truffaz, fin, grand, cheveux gris et trompette au bras, arrive sur la scène accompagné du claviériste Benoit Corboz, du bassiste Marcello Giulani et du batteur Arthur Hnatek. Le concert est ouvert à des genres et styles de musiques variés, dont on ne perçoit pas réellement le lien, mais cela n’empêche pas d’apprécier l’univers de chaque morceau et d’être porté par les solos enivrant du trompettiste ainsi que du pianiste aux trois claviers. On entend dans ses morceaux des musiques d’Europe de l’Est, du rock, du métal, parfois aussi des échos au groupe qui les a précédé, avec ces moments atmosphériques et planants. L’artiste n’hésite pas à parler de l’engagement, en racontant la vie de son pianiste, ou encore à travers des titres de morceaux   comme « El tiempo de la revolucion ». La fin de ce concert est davantage tourné vers l’Afrique. Le groupe invite Rokia Traoré, auteur-compositeur et chanteuse malienne, pour interpréter les morceaux qu’ils ont enregistrés récemment dans leur nouvel album Doni Doni. Un beau voyage.

© Manox, Hamza Djenat et Sacha Heron


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