Le 18 mai Anne Ducros invite nos fantômes chéris dans le bel amphi d’Assas [Festival Jazz à Saint-Germain]

19 mai 2017 Par
Olivia Leboyer
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Le grand amphi d’Assas possède une magie particulière. Majestueux, d’une acoustique parfaite, il se prête aussi bien aux cours magistraux qu’aux concerts endiablés, comme hier soir, 18 mai. Accompagnée par l’Orchestre symphonique, la chanteuse Anne Ducros a touché, ému et rasséréné l’auditoire.

Cette soirée à Assas tenait du marathon, avec deux premières parties de haut vol, avant le concert exceptionnel d’Anne Ducros. Le trio composé du pianiste Antoine Hervier, du contrebassiste Guillaume Sourian et du batteur Vincent Frade a interprété des classiques du jazz : du Michel Legrand, de l’Oscar Petersson (par deux fois), un très joli Thème pour Clara (la fille du pianiste), du Charlie Parker. Finesse de jeu, souplesse, charme, pour ces morceaux si agréables à redécouvrir.

Puis le duo Laurent Coulondre (au piano) et Martin Wangermée (batterie) s’est lancé dans un free jazz acrobatique et enlevé, bluffant.

Après un entracte au champagne, place à la pétillante Anne Ducros, accompagnée par l’Orchestre symphonique. Tout de noir vêtue, juchée sur de hauts escarpins, la blonde a su jouer avec le public, s’adressant à nous comme à des amis proches. Car le ton était à la confidence et à la consolation : son nouvel album « Brother Brother ! » a été composé pour son frère, qui vient de mourir. Mais le point d’exclamation signe le désir de vie et de joie. Pour parler de ce frère chéri, pas de larmes ou de mélancolie, mais le souvenir joyeux, entraînant, des beaux moments passés ensemble. Déroulant les rubans de la mémoire, Anne Ducros chante les morceaux qui ont compté pour eux lorsqu’ils étaient enfants. A nos pupitres, nous l’écoutons, écoliers bien sages qui ne tardent pas à s’agiter, à danser.

Pas vraiment de la nostalgie, plutôt une évocation vivante et forte. Marvin Gaye, Sting, le charmant « A bicyclette » d’Yves Montand, « You are so beautiful » de Joe Cocker, « Samba Samba » de Pierre Barrouh (la chanson d’Un homme et une femme de Lelouch), « Broadway », « How can I do », du Stevie Wonder, le troublant « Déshabillez-moi » de Juliette Gréco, ont tour à tour résonné dans l’amphi, soudain peuplé de fantômes souriants. Car Anne Ducros interpelle joyeusement son frère, riant avec lui, et le comptant naturellement parmi nous. Dans l’amphi se trouvent aussi son compagnon Gilles Nicolas, sa fille Jeanne, sa soeur Charlotte, et tout plein d’amis.

Une soirée réconfortante et pleine de vie : un très grand merci !

visuels: affiche officielle du festival, photo ©Ludovic Guilmot.


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COMMENTAIRES:

  1. charlotte

    j’y étais aussi ! et c’était vraiment en effet un moment de joie, de plaisir partagé car cette femme en dehors d’être une chanteuse exceptionnelle est un être particulièrement généreux, un concert comme celui que nous avons vu et entendu à Assas est un cadeau
    comme indiqué sur son album : joie de vivre et fraternité, je prends !
    un grand merci aussi Anne Ducros !

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