En vie, premier opus de Camille Bertault : le Jazz de jade.

16 mai 2016 Par
Aaron Zolty
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Camille Bertault, dans les pas des géants déploient ses ailes, tombée du nid jazz post be bop des ballades modernes en mode Blue Train de John Coltrane (1957), son frère d’esprit, le saxophoniste ténor Wayne Shorter de son Juju, hommage au maître (1964). Cet album chante la vie dans la verve d’un Queneau dialoguant avec Raymond Devos. Elle offre, tel un cuivre puissant un souffle incarné, pétri de références dans un phrasé précis comme un chorus de Keith Jarett dans ses standards norvégiens. Cet album composé par la conteuse Camille – à l’exception d’un Infant eyes (Wayne Shorter, Speak no evil, 1964, Blue note) magiquement incarné – est une œuvre originale aussi littéraire que jazzistique, rappelant la démarche des Double-six de Mimi Perrin, Eddy Louiss (organiste de Claude Nougaro) et Christiane Legrand (sœur de Michel) traduisant en paroles les thèmes et les chorus des grands big bands. Ce jazz parfois critiqué pour sa difficulté d’accès, ne l’est plus. Quand le minéral devient un bijou, vivant, aux couleurs multiples. J’aime les gemmes de cet album aux exercices de style réussi. Un jazz de jade, à la vie comme sur scène.