[Interview] Jean-Michel Dupas, Responsable de la programmation de Printemps de Bourges nous parle de la 41e édition

27 janvier 2017 Par
Yaël Hirsch
| 0 commentaires

L’affiche du 41e Printemps de Bourges est tombée en cette dernière semaine de janvier 2017. C’est Renaud qui ouvre le feu du Festival le 18 avril prochain et jusqu’au 23 avril, les concerts et les événements s’enchaînent avec générosité et ouverture. Le responsable de la programmation de Printemps de Bourges, Jean-Michel Dupas, nous parle des pépites de cette édition 2017.

printemps-de-bourges-2017

On attend avec impatience la création du spectacle « Mes Hommes » par Alexandre Tharaud et Albin de la Simone sur Barbara. Quels sont les liens entre le Festival de Bourges et la logue dame brune?
Elle y a joué ! Et je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de festivals qui puissent dire la même chose. Chaque année, le Printemps de Bourges propose une création. Tandis que l’an dernier on fêtait nos 40 ans, cette année, cette création rend les honneurs à Barbara, qui a disparu il y a 20 ans. Une soirée lui sera entièrement dédiée, avec pour directeur artistique, le pianiste Alexandre Tharaud qui est fan devant l’éternel et qui est en train de préparer un album pour lui rendre hommage. Sous le titre « Mes hommes », on a voulu que le projet ne comprenne que des voix masculines d’abord parce qu’on savait qu’il y aurait plusieurs hommages et qu’on voulait se démarquer et parce qu’on trouvait que c’était un pied de nez intéressant de n’avoir des que des voix masculines pour rendre hommage à LA chanteuse…

Cette année pour la première fois, il y a duo classique à la Cathédrale, les sœurs Berthollet, c’est une nouveauté.
C’est vrai qu’auparavant on avait plutôt une programmation pop et acoustique. On a programmé Patty Smith ou les Tindersticks à la Cathédrale mais cela faisait deux ans qu’on ne pouvait plus y avoir accès. C’est un lieu sacré et il faut la validation du clergé ; on e peut pas faire n’importe quoi, même s’ils ne sont pas fermés : au début on voulait faire un hommage à Léonard Cohen, par exemple, et ça c’était possible. Mais ça aurait été plus difficile de programmer le spectacle sur Barbara, Jane Birkin, ou Catherine Ringer et ça c’était plus difficile dans ce lieu. Mais comme le Printemps de Bourges s’intéresse à toutes les musiques, si c’est la première fois que ça arrive à la Cathédrale, on a toujours programmé du classique. Pas forcément chaque année. Alexandre Tharaud a déjà joué à Bourges et c’est comme ça d’ailleurs qu’on a pris les premiers contacts pour la création de cette année.

En revanche, c’est la première fois que vus concentrez la scène Hip-Hop dans un nouveau lieu, la Halle au Blé….
Comme nous sommes un festival généraliste qui brasse toutes les musiques, on a toujours défendu le Hip Hop français. La Halle aux Blés est en plein centre ville, est utilisée pour accueillir le marché les week-ends et vient d’être refaite l’an dernier. Il y a près de 2200 places et c’est une salle debout. C’est donc le lieu parfait.
Avec la présence de la comédie française et les rencontres musiques & lettres au Palais Jacques Coeur, peut-on parler d’une 41e édition « littéraire »?
Cette année on fait un cycle spécifique qu’on appelle les « Rencontre musique et lettres » au palais Jacques Cœur. Ce n’est pas dans la cour, là on a pu ériger une scène dans le passé, mais dans les salles qui se prêtent parfaitement à la rencontre de la musique et de la littérature. On reprend des spectacles existants comme celui de Dephine de Vigan et de la Grande Sophie (lire notre interview) ou les Garçons manqués de Nicolas Ray et Mathieu Saikaly. On a aura aussi des lectures musicales comme le livre de Gaël Faye, Petit pays (lire notre chronique) et des rencontres comme l’auteure Virginie Despentes et le groupe lyonnais Zëro.

Qui sont les têtes d’affiche, nationale et internationales, que vous attendez avec le plus d’impatience à ce 41e Printemps ?
On est ravis d’accueillir les têtes d’affiche comme Renaud, Placebo ou Vianney, mais on est beaucoup plus excités de montrer nos découvertes : celles des Inouïs mais aussi les artistes qui jouent dans ces salles de 200 à 300 places comme Théâtre Jacques cœurs et les scènes du 22. A Bourges, 60% d’artistes arrivent avec juste un premier album en poche ou moins : un Maxi ou un EP. Ça fait quand même 58 groupe sur 95. C’est rare pour un Festival grand public de pousser autant de jeunes, même si bien sûr les têtes d’affiches n’empêchent pas de programmer des découvertes, bien au contraire.

Fishbach, Laura Cahen… Ils sont nombreux les anciens repérés par les « Inouïs » à revenir sur les grandes scène de Bourges, souvent après un album et beaucoup de succès. Quelle est, selon vous, la recette magique des Inouïs qui sont vraiment no1 pour détecter les talents ?
Au-delà de la formule « tremplin » qu’on n’aime pas tellement la sélection des Inouïs s’appuie sur 30 antennes (28 en France, une au Québec et une en Belgique). Il s’agit de référents qui vont dans chaque région faire une sélection des groupes qu’ils estiment les plus novateurs et intéressants, dans tous les styles de musique. Ils s’appuient sur place sur des réseaux solides de professionnels de la musique (producteurs, programmateurs radio, directeurs de pôle culturels…) pour choisir les 6 ou 8 meilleurs sur place. Quand on lance les inscriptions aux Inouïs on a environ 3500 candidatures et on n’en garde que 30. Le secret c’est donc le maillage très massif du territoire avec l’idée que personne ne passe entre les mailles du filet.

visuel : affiche du Festival