[Interview] Benoît Brayer : Mes idées pour le Festival Fnac Live « C’est de partager mes enthousiasmes et mes élans vis-à-vis d’artistes »

24 juillet 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

Jeudi, Toute la Culture était au Festival Fnac Live à l’Hôtel de Ville de Paris. Cet événement, devenu un incontournable de l’été, propose des concerts gratuits sur le parvis de l’institution municipale. Pour en savoir plus, on a posé quelques questions à l’un des deux programmateurs, Benoît Brayer.

Dans une précédente interview, vous avez souligné qu’un programmateur avait des convictions. Quelles sont les votre ?

Mes convictions sont de partager mes enthousiasmes et mes élans vis-à-vis d’artistes. Parfois, ça rejoint les goûts du public, de temps à autre j’espère les devancer. On accompagne les artistes aussi, c’était le cas notamment avec Christine & The Queens. Au Fnac Live, les musiciens présentés sont ensuite soutenus durablement.

Après, les choix se font au feeling, à l’envie, mais je ne suis pas seul à programmer. Il y a aussi Nicolas Preschey. On travaille vraiment main dans la main. On a une manière de programmer qui fonctionne de manière unanime. C’est-à-dire que pour qu’un artiste joue au festival, il faut qu’on le valide tous les deux. On a une bonne dynamique ensemble et des goûts très complémentaires. C’est ce qui donne l’éclectisme de ce festival.

Vous dites que vous êtes deux à la programmation, mais en réalité cette année vous étiez trois avec Louise Attaque à qui vous avez laissé une sorte de carte blanche sur la programmation.

Oui, dès la fin de l’été dernier, on les a invités à jouer dans le festival. On leur a dit : « et si on programmé la soirée avec vous ». On leur a proposé un répertoire d’artistes et ils ont fait leur marché. Je crois qu’à 80% la liste qu’ils désiraient, est là ce soir. Mais en tout cas, comme lorsque je travaille avec Nicolas, c’était un choix unanime à trois.

Est-ce-que vous vous donnez un peu un rôle de tremplin avec le Festival Fnac Live?

Oui, modestement mais il y a cette l’idée. C’est aussi un moyen de permettre à des artistes, qui ne sont pas forcément exposés dans des grands festivals, d’avoir accès à un public plus large. L’an dernier, on a clôturé la première soirée avec Rone qui est un artiste ayant un public fidèle et historique, mais assez restreint. Pour l’édition 2015, il avait 25 000 personnes devant lui. Je crois que ça a été un grand souvenir pour l’artiste et pour nous aussi. Quand on arrive à ce résultat, on joue vraiment notre rôle de passeur.

Quelles sont les nouveaux talents que vous mettez en avant cette année ?

On a proposé Bon Voyage Organisation, Lola Marsch qui a sorti un EP, Nicolas Michaux qui ouvre la scène « Tôt ou Tard » ce soir. Après dans les jeunes talents, Sage et Thylacine sont déjà identifiés dans le métier mais moins par le grand public. Donc on leur a donné un accès à une scène aussi visible et une exposition pareille, c’est un vrai levier pour eux mais aussi une satisfaction pour nous. Par exemple, ce matin, quand je vois que le Figaro fait une page entière sur « Thylacine l’espoir électro pour enflammer le Fnac Live », je me dis qu’on a tout gagné.

Vous mettez en avant le label « tôt ou tard » dont vous fêtez les vingt ans, vous pouvez nous en dire plus…

Depuis, le début du Fnac Live, on aime bien donner de la visibilité aux artistes et aux labels indépendants. On a déjà fait ce type d’événement dans le passé avec « No Format » et « Because ». « Tôt ou Tard » a grandi conjointement avec la Fnac. On a une philosophie proche. On soutient régulièrement leurs artistes. Donc le fait de leur consacrer une soirée entière, ça nous paraissait légitime.

Est-ce que le contexte sécuritaire à Paris pèse sur vos choix de programmation ?

Non, la seule dimension que je prends en compte dans les choix de programmation, c’est la jauge potentielle. C’est-à-dire que dans un contexte comme celui-là sur un site fermé, je ne peux pas programmer des artistes qui feraient venir 100 000 personnes. Ce serait irresponsable et pas raisonnable.

Puis, on est un festival avec une économie assez fragile. L’événement est gratuit donc on n’a pas non plus les moyens de s’offrir des stars mondiales.

Et comment, en tant que programmateur, faites-vous face à des annulations comme celle de William Sheller ?

Ca fait partie de l’exercice. En réalité, c’est la sixième édition du Fnac live et c’est la première fois qu’on est confronté à une annulation. Mais dans ce cas, on était à une semaine du début du festival, pour trouver un artiste important en remplacement c’était assez complexe. Donc rapidement, j’ai proposé à Vincent Delerm de doubler sa date et d’ouvrir la scène intérieure, ce qu’il a accepté en quelques heures.

Visuel: ©AR


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