[Interview] « Au Printemps de Bourges, on aborde sereinement nos 40 ans ! »

28 mars 2016 Par Bastien Stisi | 0 commentaires

Le Printemps de Bourges a 40 ans. Et pour célébrer l’entrée dans une décennie nouvelle, on a envisagé une création hommage spéciale, et on a convoqué un line-up, comme toujours, empreint de la diversité la plus florissante, de Mika à Flavien Berger, de Dionysos à Jain, d’Ibrahim Maalouf à Nekfeu, de General Elektriks à Dominique A, d’Odezenne à Louise Attaque. « Rendre ce Printemps aux festivaliers qui lui ont été fidèles et qui l’ont aidé à si bien grandir », nous dit Élodie Mermoz, l’une des programmatrices du premier grand festival de la saison depuis 2013. Entretien quarantenaire.

Un an après, quelles conclusions tirer de l’édition 2015 du Printemps de Bourges ?

Élodie Mermoz : Ce fut une très belle édition, à tous les niveaux. Artistiquement bien sûr, avec de vrais moments forts, je pense à la création sur Nina Simone, au concert de Batlhazar, à la Rock’n beat, au show explosif de The Do, mais ce fut aussi une édition assez incroyable en terme d’atmosphère. Il y a parfois, sans que l’on sache trop pourquoi, une petite magie encore plus particulière qui s’opère, ce fut vraiment le cas l’année dernière.

Cette année, le Printemps de Bourges a 40 ans. Comment lui éviter la fameuse et vilaine crise de la quarantaine ?

Élodie Mermoz : En y mettant de la joie et en célébrant dignement !

On aborde la quarantaine sereinement quand on est heureux d’avoir 40 ans, tout simplement, quand on a un parcours qui rend fier, un parcours fait de moments intenses, de rencontres fortes, quand on a aussi grandi avec équilibre. Et le printemps réunit tous ces critères. Quand on se retourne sur ces 40 ans : que de souvenirs, de concerts marquants, de soirées qui s’inscrivent aussi dans l’Histoire, H majuscule, parce qu’en 40 ans le monde a connu des bouleversements que le Printemps, derrière le masque du divertissement, a toujours essayé de souligner, d’intégrer.

Et puis parfois on est aussi heureux d’avoir 40 ans quand on a eu de beaux enfants, et quand on voit les beaux « enfants » repérés au fil de ces quarante éditions, devenus des valeurs incontournables de la chanson, du rock, du hip hop, de l’électro, et bien on ne peut que se réjouir ! Cette édition s’annonce donc comme une grande, joyeuse, et belle fête de famille !


Une création spéciale est envisagée dans cette optique…

Élodie Mermoz : Oui, et vraiment ça sera une création à l’image de cette envie de FÊTER ! l’idée est aussi née de l’envie de rendre ce Printemps aux festivaliers qui lui ont été fidèles et qui l’ont aidé à si bien grandir. Les gens nous ont envoyé leurs plus beaux souvenirs, par lettre, par mail, et Vincent Dedienne qui sera le metteur en scène et le maitre de cérémonie de cette soirée en a extrait des passages forts, des passages drôles, et a également exploité des archives photos aussi intenses qu’improbables, pour dessiner une espèce d’architecture de soirée légère et décalée. C’est vraiment le cœur de ce projet de création : rester léger et ne pas sombrer dans la commémoration.

Et bien sûr, bien sûr, seront aussi plus que présents, en fil rouge, des artistes ; ceux qui ont marqué le Printemps, ceux aussi qui ont été marqués par le Festival – levier parfois un peu décisif dans leur parcours – et qui viendront en solo et/ou duo reprendre le répertoire d’autres artistes ayant marqué les différentes éditions, et surtout toute génération confondue. C’est hyper important pour nous ce mélange des générations, c’est à l’image de ce qu’à toujours voulu défendre le festival.

Quels artistes faudra-t-il absolument ne pas louper cette année ? (merci de ne pas répondre : « tous nos artistes sont formidables ! »)

Élodie Mermoz : Sélection compliquée !! mais alors pour ma part je suis quand même sous le charme de la révélation Jain, de Georgio, de Bigflo&Oli, de Patrick Watson qui a la fâcheuse habitude de livrer des concerts éblouissants, gros gros coup de cœur pour l’ancienne inouïe Billie Brelok, pour Odezenne, Thylacine, Marvin Jouno, et comme une parenthèse un peu à part, Katia Guerreiro, incroyable chanteuse de fado qui j’en suis sure fera chavirer la cour du Palais Jacques Cœur.

Il y a le regard vers hier (via la célébration des 40 ans), et le regard vers demain (via les Inouïs). Selon votre propre avis, quels artistes programmés aux Inouïs retrouvera-t-on forcément parmi les têtes d’affiches des éditions des prochaines années ?

Élodie Mermoz : Dans les lauréats récents je suis convaincue des longues carrières qui attendent Billie Brelok pour reparler d’elle, et Radio Elvis par exemple. Ils ont vraiment, chacun dans l’esthétique qui est la leur, une énergie, une qualité d’écriture et une intelligence de la scène qui ne peut que laisser présager du meilleur. Je suis convaincue de rendez-vous à très long terme entre le festival et eux !

Avril 2017, ville de Bourges : nouvelle édition du Printemps de Bourges ?

Bien entendu ! 40 ans de nos jours c’est à peine une moitié de vie, on ne va certainement pas s’arrêter en si bon chemin !

Visuels : (c) DR


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