« Voyage à travers ma modernité » – L’odyssée de Pierre Henry

20 juillet 2014 Par
Nausicaa Ferro
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Pour sa 25ème édition, le festival parisien Quartiers d’Eté, en partenariat avec le Carreau du Temple, recevait du 14 au 19 Juillet le père de la musique électronique, Pierre Henry. Pour son dernier concert de la semaine, l’artiste octogénaire invitait sur scène le trompettiste de jazz Erik Truffaz. Récit d’une odyssée.

pierre Henry

C’est un drôle de mot que celui de modernité. Dans le dictionnaire, est « moderne » ce qui est « de notre époque ou d’une époque récente« . Pour Pierre Henry, la modernité c’est « faire quelque chose d’extraordinaire, de jamais vu mais surtout qui va s’adapter à mon époque… c’est vivre dans son temps vraiment« . Juste définition de la part du précurseur de ce qu’on appelle aujourd’hui « musique électronique« . Juste puisque ce soir sur sa scène au milieu du public, dernière ses machines, l’artiste jouait un morceau (Le Voyage) datant de 1962. En 1962 Pierre Henry était déjà un musicien electro. Etait-il moderne à l’époque ? Ou pionnier ? C’est lui qui inspira Jean-Michel Jarre quelques décennies plus tard. Finalement Pierre Henry ne serait-il pas, à l’image des grands voyageurs, toujours à la recherche de nouvelles terres à explorer ? Son Amérique à lui, c’est la musique. Et ce concert du 19 juillet devient semblable à une odyssée, où se mêle l’ancien et le nouveau (le morceau Utopia est de 2014), une odyssée faite de moments clefs, de tensions, de tentations, de repos parfois… et toujours là, lancinante, la trompette d’Erik Truffaz est un phare à l’horizon, un point de repère qui permet au capitaine et à son équipage -le public- de garder le cap. Jusqu’à l’amarrage, en attendant le prochain départ vers de nouvelles terres à explorer. De nouvelles époques à moderniser.

© Léa Crespi