[Live Report] ASTROPOLIS : une 22è édition efficace et réussie, malgré une météo mitigée

20 juillet 2016 Par Enora Le Goff | 0 commentaires

Astropolis, festival de musique électronique Brestois, a assuré, cette année encore, une programmation efficace et variée, et des sites agréables et originaux.

En effet, le Piknik Electronik du samedi après-midi par exemple, a pris place sur la grande pelouse ensoleillée de l’esplanade du jardin militaire qui surplombe la rade de Brest. Plusieurs centaines de personnes étaient déjà en train de danser sous le soleil et le vent dès le début de l’après-midi. A l’ambiance iodée de ce paysage maritime et portuaire, on préfère, pour le reste de la soirée du samedi, le cadre champêtre et forestier de la clairière du manoir de Keroual, à quelques minutes en navette du centre-ville. L’organisation pour se rendre sur le site est performante et rapide : un système de va-et-vient de navettes déverse dès 21h des flots de festivaliers sur le site. Pour un aller-retour à 5 euros, les navettes commencent à rejoindre le centre-ville pour un retour dès 4h du matin.

Elles ont déposé les festivaliers à l’orée de la forêt. Il faut alors marcher 10 minutes sur un chemin dans les sous-bois pour rejoindre véritablement le site, où l’entrée et les fouilles sont également très rapides. Là, de grands espaces aérés, entourés de forêts, sublimés par des guirlandes lumineuses, quelques grands chapiteaux blancs qui abritent différentes scènes et bars, une mini-grande-roue, et un manège d’auto-tamponneuses, qui jouxtent le manoir de Keroual, sont autant de choses à découvrir progressivement, en explorant le site. L’organisation, une nouvelle fois efficace, éparpillait plusieurs bars sur le site, qui vendaient des pintes qui revenaient à 5 euros, avec un système de tickets-boissons. L’ambiance générale était paradoxalement très chaleureuse, en contraste avec la météo qui n’a épargné personne pendant la nuit. Une pluie fine, puis diluvienne, s’est abattue sur le manoir de Keroual dès 2h30 du matin, transformant tout le terrain, et surtout les abords des scènes, en marécages boueux et glissants. Pour autant, le public a réussi à tirer parti de ce coup du sort : les festivaliers se sont agglomérés sous les chapiteaux pour rester à l’abri, ont fait usage de k-way et de bottes pour profiter tout de même du cadre ; à la scène Mekanik s’est même organisé un concours de roulade dans la boue.

La programmation musicale était véritablement éclectique. Toute la nuit, ont résonné aux quatre coins de la clairière, des sonorités, techno, groovy, house, ou même hardcore, comme à la scène Mekanik. De nos pérégrinations nocturnes nous retiendront quelques prestations :

En début de nuit Kerri Chandler a retourné le public de l’Astrofloor, par sa techno groovy. L’artiste, considéré comme l’un des fondateurs de la deep-house new-yorkaise, est depuis de nombreuses années une légende vivante du milieu ; statut que sa prestation a confirmée pendant le festival.

Le B2B de Blutch et de Cuthead a offert à la scène Tremplin de belles heures de musique et de fête. Les deux artistes ont proposé une superbe performance, en mélangeant leurs inspirations : le jazz pour Blutch et le hip-hop pour Cuthead. Ils se sont même permis d’apporter d’autres influences musicales à leurs compositions, comme des sonorités africaines, qui ont apporté plus de chaleur à une soirée très humide, aux heures de nuit glaciales.

Les festivaliers ont bravé la pluie pour assister au concert live d‘Unforeseen Alliance, performance de quatre artistes techno majeurs : Zadig, Voiski, Birth of Frequency et Antigone. A huit mains ils ont atteint une alchimie parfaite entre les rythmes et les basses, délivrant ainsi une techno novatrice en live, inspirée de celle de Détroit.

Pour rester dans la techno aux basses minimalistes, le résident du Berghain Berlinois Len Faki a envoyé sur la grande scène de l’Astrofloor une techno précise, brut, comme hypnotique, qui a fait l’unanimité.

L’Astrofloor, plus grande scène du festival, a également accueilli Agoria, un des parrains du festival. Pour un des set les plus attendus de la nuit, Agoria a oscillé, pour notre plus grand plaisir, entre une house mouvante et une techno épurée.

Autre grand attendu de la soirée, Maceo Plex. Dernier concert de la scène Astrofloor, il a clôturé la programmation de la scène en beauté avec une house musicale qui a évolué entre des inspirations techno et funk, qui ont enivré le lever du soleil.

Enfin, en fin de nuit également, une figure majeure de la rave française a clôturé la scène Mekanik, dont il est le parrain. Manu le Malin a mis la foule en transe au petit matin avec une techno hardcore aux kiks violents.

C’est donc trempés, mais le sourire ravi que les milliers de festivaliers ont quitté, petit à petit le terrain boueux du manoir de Keroual.

Salomé Vincent & Enora Le Goff

Visuels (c) : Maxime Chermat, Alban Gendrot


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