Astropolis : la rave bretonne en habits d’hiver

18 janvier 2018 Par
Rodolphe Pete
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La plus ancienne rave bretonne, Astropolis, tiendra cet été sa 24e édition à Brest. Mais depuis quelques années, l’événement phare des musiques électroniques dans le Finistère, qui rayonne bien au-delà, se décline aussi l’hiver. En intérieur, car il faut tenir compte du climat… Mais la chaleur humaine est bien présente à la Carène, à la Suite ou par exemple au centre d’art Passerelle. Entretien avec un des fondateurs, Gildas Rioualen, qui évolue dans le milieu depuis trois décennies. Avec toujours la même passion et l’envie de découvertes…

Comme pour l’été, il y a une tournée d’annonce pour le festival ?
Oui, nous allons au Warehouse à Nantes, un nouveau lieu où on va sûrement avoir une résidence. Et au Rex club à Paris, ainsi qu’à Rennes. On fait pas mal de soirées dans le grand ouest, ça nous permet de programmer aussi des artistes de notre tremplin estival pour les accompagner.

La programmation commence plus en amont qu’avant ?
Oui, il y a dix ans, on démarrait la programmation estivale à partir de janvier. Maintenant, c’est presque un an à l’avance, car il y a en plus en plus de festivals, sans compter les événements généralistes qui programment désormais de l’électro, comme les Vieilles Charrues. Plus toutes les soirées qui sont organisées…

La scène bretonne a la réputation d’être très dynamique ?
Oui, en Bretagne, on a beaucoup de collectifs qui ont de bons goûts musicaux, ça permet des programmations plus recherchées et pointues. En général, on se connaît, mais on n’est pas en situation de concurrence, on se donne des conseils, on évite d’avoir les mêmes dates, on s’entend très bien, en ayant chacun notre identité.

Les nouvelles normes de sécurité ont-elles un impact pour les festivals comme Astropolis ?
Oui, l’an dernier, on m’avait annoncé au dernier moment l’été que la facture pour la mise à disposition des gendarmes allait tripler. On est favorable aux dossiers de sécurité, mais on veut que ça soit réaliste et il y a des inégalités entre les festivals. On veut de la concertation et de la discussion. C’est pourquoi on a demandé notamment un rendez-vous au ministère de la Culture pour en parler.

L’édition hivernale d’Astropolis est un modèle plus réduit que l’été…
Oui, c’est plus à taille humaine, on occupe le plus de lieux possibles, avec des nouveautés comme cette année le théâtre Mac Orlan pour le concert de Chloé le jeudi soir. On investit aussi une friche industrielle à l’arsenal et la médiathèque des Capucins, qui est un petit bijou brestois. On essaie de développer de nouveaux partenariats. L’hiver, nous misons beaucoup sur les actions culturelles : on va dans les écoles, les quartiers, on aménage cette année comme en 2017 un bus qui va à la rencontre des gens. Ça permet un éveil aux musiques électroniques et d’inviter les gens à écouter autre chose : des musiciens samplent des sons dans la rue et les gamins peuvent repartir avec une clé USB ou un CD. Ce qui nous intéresse, c’est de nous diversifier avec par exemple des master-class, des conférences et l’accompagnement de labels. On fait un gros travail avec les labels et les collectifs de la région. Le festival est un moment privilégié pour se rencontrer et échanger.

Parmi les nouveautés de cette année ?
On va proposer une boum pour un public d’handicapés, avec des animations, de la décoration. On travaille avec des centres d’aide par le travail (CAT) pour essayer de leur proposer une belle fête, un après-midi électro. A chaque fois, on essaye d’être dans des lieux couverts, car on à Brest !

Les dates aussi ont bougé…
Oui, on est passé de janvier à février, car en général en janvier, les djs font une grosse pause ou alors ils partent jouer dans l’hémisphère sud. Ça permet de toucher d’autres artistes, avec bien sûr quelques têtes d’affiches, mais aussi des musiques pointues. Kerri Chandler, grand nom de la house, revient après avoir joué l’été à Kéroual. On a aussi Charlotte de Witte qui a bien explosé récemment, mais n’est pas encore venue dans la région. DJ Stingray aussi, qui avait dû annuler sa précédente venue en raison d’un avion raté.

Par rapport à l’été, le public est-il le même ?
On a un public régional, voire local. De Nantes, mais aussi beaucoup de Rennes.

Parmi les événements, il y a le concert de Chloé le jeudi…
Oui, c’est une artiste qu’on suit et qu’on aime beaucoup depuis longtemps. C’est un très beau projet, «  a tribute to Steve Reich », avec la percussionniste Vasselina Serafimova, qui va toucher tous les publics. On aura un mélange de générations dans le théâtre.

Propos recueillis par Rodolphe Peté

Pratique :
7e édition d’Astropolis hiver. Du 22 au 25 février à Brest. Informations et réservations : www.http://astropolis.org/hiver2018

visuel :