Victoires de la Musique Classique 2016 : Marianne Crebassa

21 février 2016 Par Elodie Martinez | 0 commentaires

Suite des portraits très attendus aujourd’hui. Après celui de Karine Deshayes hier, voici celui sur la deuxième mezzo-soprano nommée dans la catégorie « Artiste lyrique », à savoir Marianne Crebassa.

Marianne Crebassa est née le 14 décembre 1986 à Béziers. Elle débute son apprentissage non par le chant mais par la musique et plus particulièrement par le piano, d’abord à l’école de musique d’Agde, puis au Conservatoire de Sète avant de se rendre finalement au Conservatoire de Montpellier. Là, elle débute le chant et suis les cours du contre-ténor Nicolas Domingues. Parallèlement à ces études, elle obtient une licence de musicologie à l’Université de Montpellier.

Son talent ne passe pas inaperçu et elle est très vite engagée par l’Opéra de Montpellier en 2008. Elle fait alors ses premiers pas sur scène dans Manfred de Schumann sous la direction de Hervé Niquet, ni plus ni moins.

Elle se fait alors repérer par René Koening, directeur à l’époque du Festival Radio France et Montpellier, ce qui lui permet d’être entendue dans des œuvres assez rares, comme Fedra de Pizzetti ou Zaira de Donizetti, tous deux dirigés par Enrique Mazzola. On peut également la voir dans Le Martyre de Saint-Sébastien de Debussy et dans La Traviata de Verdi, tous deux dirigés par Alain Altinoglu, ainsi que dans Friederike de Lehar, orchestré par Lawrence Foster.

En 2010, elle tient le rôle d’Isabella Linton dans The Wuthering Heights de Herrmann au Festival de Radio France. Sa prestation est acclamée par le public sur lequel s’accorde la critique. Elle entre alors à l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris où elle reste deux ans.

En 2011, elle interprète Orphée et Eurydice de Gluck dans une production de l’Atelier ainsi que La Magicienne de Halévy (où elle tient le rôle-titre) sous la direction de Lawrence Foster. « J’ai perdu mon Eurydice est d’ailleurs l’un des chants présentés pour le concours des Révélations de l’ADAMI qu’elle remporte cette année-là.

La saison 2011-2012 marque son apparition dans Lulu et Rigoletto à Bastille ainsi que dans La Finta Giarniniera, autre production de l’Atelier Lyrique, où elle tient le rôle de Ramiro. La fin de cette même saison, Marianne Crebassa fait ses premiers pas au prestigieux Festival de Salzbourg dans le rôle d’Irène dans le Tamerlano de Haendel sous la baguette de Marc Minkowski et aux côté de Placido Domingo

Début 2013, elle intègre la nouvelle production de Lucio Silla à la Mozartwoche avec Rolando Villazon et c’est alors le début d’une véritable carrière internationale : Le Martyre de Saint-Sébastien au Musikverein de Vienne, Roméo et Juliette de Berlioz à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne, la reprise de Lucio Silla qu’aux festivals de Salzbourg et de Brême, ou encore le rôle de Siebel dans Faust à Amsterdam. Elle ne cesse pas pour autant de se produire en France, comme par exemple lorsqu’elle prend le rôle de Dorabella dans Cosi fan tutte à Montpellier ou bien lorsqu’elle interprète Kate Pinkerton dans Madame Butterfly à Paris, ou encore dans Lakmé à l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne où elle marque les esprits. Elle impressionne également en 2014 dans le rôle-titre de Charlotte Salomon lors de la création lyrique de Marc-André Dalbavie dans la même maison. L’année suivante, elle reprend une nouvelle fois Lucio Silla, cette fois à la Scala de Milan, où elle s’illustre à nouveau. Ajoutons à tout ceci une tournée européenne avec les Musiciens du Louvre.

Loin de chanter exclusivement dans des opéras mis en scène, Marianne Crebassa se produit dans divers récitals et  a développé un vaste répertoire de mélodies françaises et de lieder allemands. Elle s’est notamment produite avec le pianiste Georges Pludermacher et a récemment donné un récital de mélodies françaises au Festival de Saint Denis.

La saison actuelle est elle aussi fort riche : elle vient d’interpréter le rôle de Chérubin dans Le nozze di Figaro à Berlin et Vienne, ce qui lui a valu d’être encensée par la critique (sans parler du public, et à juste titre). Actuellement, le public américain à la chance de pouvoir la voir et l’entendre dans Roméo et Juliette à Chicago avant qu’elle ne reprenne son rôle de Dorabella dans Cosi fan tutte à Marseille (voir sur le site) ou bien qu’elle ne chante dans l’enfant dans L’enfant et les sortilèges à la Scala ou encore avant sa reprise du rôle de Chérubin à Amsterdam et à Milan en début de saison prochaine. Notons également l’enregistrement actuel d’un tout premier album avec the Mozarteum Orchestra sous le label Erato.

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© Luc-Jennepin


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