Sharon Kam et Matan Porat, un duo de concertistes exceptionnels

14 mars 2018 Par
Bénédicte Gattère
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À l’Hôtel national des Invalides, la programmation suivie de la saison musicale se poursuit. La semaine s’ouvrait cette fois-ci avec un concert de deux virtuoses, l’une à la clarinette et l’autre au piano. Sharon Kam et Matan Porat se sont illustrés tout au long d’un programme varié de musique classique, romantique et contemporaine.

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Entre l’hiver et le printemps, la soirée, inscrite dans le Cycle Festival Vents d’hiver débutait avec l’Abîme des oiseaux de Messiaen. La clarinettiste internationalement reconnue comme l’une des plus grandes a su donner par son jeu toute la gravité nécessaire à ce morceau profondément empreint de la spiritualité de son auteur. Ce premier solo pour instrument à vent a été suivi de la Grande Humoresque en si bémol majeur de Schumann interprétée par Matan Porat, pianiste et compositeur israélien vivant aujourd’hui à Berlin. Cette Grande Humoresque représente toujours une très belle occasion de réécouter Schumann dont finalement on ne se lasse jamais.

Pour la première partie de concert, chacun à tour de rôle a donc pu montrer toute l’étendue et la richesse de son jeu dans ces deux morceaux pour instruments seuls. Sharon Kam a fait ses débuts à l’Orchestre Philharmonique d’Israël avant de jouer pour celui de Hambourg, Tokyo ou l’orchestre symphonique de Toronto. De plus en plus connue, en tant que chambriste hors-pair, elle rejoint les orchestres philharmoniques des radios de Munich et de Francfort et devient l’invitée des grands festivals comme ceux de Ravinia, Seattle ou Verbier. L’élève d’Emanuel Krasovsky, Maria João Pires ou Murray Perahia (rien que ça!) a pour sa part obtenu son Master Degree en tant que pianiste à la Juilliard School de New York. Son premier enregistrement Variations sur un thème de Scarlatti fait d’emblée rentrer Matan Porat dans la cour des grands. Il est unanimement salué par la critique ; le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung en fait alors l’éloge et parle d’un « superbe album à écouter encore et encore ». Le jeune pianiste se retrouve très vite à l’affiche des plus grandes salles : la Philharmonie de Berlin, la salle Gaveau de Paris ou encore le Wigmore Hall de Londres.

Après l’entracte, ont suivi trois morceaux particulièrement bien choisis pour ce programme de musique de chambre, à la fois léger et enlevé. Brahms, Poulenc et Massenet et sa magnifique Méditation de Thaïs se sont succédés en deuxième partie de soirée, la sonate de l’Allemand répondant parfaitement dans sa structure et son dynamisme à celle de Francis Poulenc. Sharon Kam a, quant à elle, particulièrement brillé par son interprétation du célébrissime extrait de l’opéra de 1895 et a en été une interprète impressionnante. Un sacré souffle animait ce concert, c’est le moins que l’on puisse dire ! Devant les applaudissements nourris du public, les virtuoses sont revenus pour deux bis avec le célèbre air de Gabriel Fauré, Après un rêve et un morceau moins connu du violoniste et compositeur autrichien Fritz Kreisler, qui ont conclu cette belle soirée.

Visuel : Maike Helbig