Philharmonie: les soeurs Labèque créent Philip Glass, l’Orchestre de Paris sublime la symphonie de Chostakovitch. #Puissance

12 mars 2016 Par Araso | 0 commentaires

Cette semaine, pour deux dates exceptionnelles, la Philharmonie a donné à entendre et à voir deux oeuvres aussi puissantes que spectaculaires. Jaap van Zweden a orchestré la création européenne du concerto pour deux pianos de Philip Glass, interprété par Katia et Marielle Labèque, suivie d’une interprétation magistrale par l’Orchestre de Paris de la Symphonie n°5 en ré mineur de Dimitri Chostakovitch. Si l’oeuvre orchestré de Philip Glass a manqué à transporter, la seconde partie tout en lyrisme slave était une pure merveille. 

Note de la rédaction :

Très attendues, les soeurs Labèque font leur entrée dans la grande salle de la Philharmonie. Parées de deux vêtements couture identiques tout en ondulations et transparences, noir pour Katia, blanc pour Marielle, et perchées sur de vertigineux talons, les deux pianistes prennent place face à un public fébrile. La fougue et la passion irradient. Néanmoins, dès les premiers accords, ce qui s’annonce comme un discours cacophonique et ampoulé s’enlise. Les afficionados des soeurs Labèques sont aux anges, les amateurs de Philip Glass restent sur le banc de touche. Minimaliste avec ses boucles d’arpèges, la signature musicale de Philip Glass s’accorde mal à avec un orchestre. On ne sait plus où est la mélodie, les instruments sont indistincts, le mélange fait mal au coeur. Avant de s’éclipser, les soeurs complices gratifient le public d’un duo au piano seulement nettement plus harmonieux.

L’entracte laisse rapidement la place à ce qui se révèlera être un pur moment d’émotion. Jamais symphonie n’aura résonné si brillamment: sublimée par l’Orchestre de Paris, énergisée par la direction de Jaap Van Zweden, la Symphonie n°5 en ré mineur de Dimitri Chostakovitch emporte l’âme. Magnifiquement dirigé, l’Orchestre donne vie à cette oeuvre magistrale du répertoire slave, sur fond de révolution russe et de misère matérielle. D’une intensité dramatique et d’une profondeur cinématographique rare, elle est d’une puissance universelle. Standing ovation fleuve pour le maestro Zweden, amplement méritée.

Visuel © Philharmonie


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