Opéra de Lyon : la saison nouvelle 2016-2017 est annoncée!

16 mars 2016 Par Elodie Martinez | 2 commentaires

En fin de matinée aujourd’hui, l’Opéra de Lyon a annoncé le programme de sa saison 2016-2017. Une saison qui s’annonce fort belle avec 9 opéras dont 5 nouvelles productions et 3 recréations, toutes trois dans le cadre de son festival annuel. Serge Dorny renouvelle son souhait d’innovation et d’audace, souhaitant ne pas faire de l’opéra un musée, conscient toutefois de la crise actuelle. Il clôt d’ailleurs la présentation par une citation de Brecht : « Au Temps des Ténèbres, est-ce que nous chanterons encore? Oui, nous chanterons le chant des Ténèbres ». Nulle crainte cependant : nous commencerons 2016-2017 par des oeuvres « lumineuses »…

La saison prochaine s’annonce « tout feu tout flemme » avec pour premier opéra L’Ange de feu de Prokofiev dans une mise en scène de Benedict Andrews. Il s’agit là de la production du Komiche Oper de Berlin. Kazushi Ono, qui entamera alors sa dernière saison en tant que chef permanent avant que Daniele Rustioni ne reprenne le flambeau en septembre 2017. L’opéra russe sera également l’occasion d’entendre Laurent Naouri dans le rôle de Ruprecht ainsi qu’Ausrine Stundyte dans celui de Renata.

En novembre, place à L’Enfant et les sortilèges, un habitué des lieux. Cette fois-ci, l’Opéra de Lyon se distingue par son inscription dans l’époque actuelle en osant une nouvelle fois les effets spéciaux (rappelons-nous qu’en mars 2015, la maison avait donner un opéra en 3D dans le cadre de son festival). Ici, Grégoire Pont utilisera des animations en jouant directement avec les corps des interprètes et placera l’orchestre sur scène pour quelques apparitions « fantomatiques ». L’occasion également de mettre en avant les solistes du Studio de l’Opéra de Lyon.

Le mois suivant, nous pourrons passer Une nuit à Venise, cette fois sous la direction de Daniele Rustioni et dans la mise en scène de Peter Longdal. La surprise de fin d’année sera-t-elle aussi belle que celle du Roi Carotte de décembre dernier?

Retour au feu en début d’année avec Jeanne au bûcher et Audrey Bonnet dans le rôle de Jeanne d’Arc ainsi qu’une mise en scène de Romeo Castellucci qui s’intéressera à « l’étrangère Jeanne ». Serge Dorny a d’ailleurs annoncé que ce dernier sera associé à l’Opéra de Lyon pour plusieurs saisons.

Mars marquera à nouveau la période du festival annuel, cette fois sous le thème « Mémoires ». Pour Serge Dorny, il faut innover, mais « paradoxalement, innover c’est aussi en se tournant vers le passé ». Si le théâtre, et donc l’opéra, sont des arts de l’éphémère qui consistent à « aimer ce que jamais on ne verra deux fois », alors ils sont des arts de la mémoire car, si « jamais on ne verra deux fois », alors on se souviendra. En mars 2017, nous nous souviendrons donc de trois grandes productions qui sont des « piliers du théâtre » et qui ont marqué l’opéra.  Il ne s’agira pas cependant de simples reprises mais bien de recréations. Tout d’abord, celle de la production de 1986 à Dresde d’Elektra. La metteur en scène Ruth Berghaus, qui a par ailleurs travaillé avec Brecht, reprend donc cette oeuvre après l’avoir déjà maniée de nombreuses fois. Elena Pankratova assumera pour sa part le difficile rôle-titre. Deuxième opéra du festival, Tristan et Isolde, recréant la production de 1993 de Bayreuth dans la mise en scène de Heiner Müller avec le retour d’Ann Pertersen dans le rôle d’Isolde, elle qui avait marqué le personne de son nom lors de sa dernière interprétation à Lyon en juin 2011 (alors mis en scène par Alex Ollé dont nous allons reparler juste après) Enfin, comment faire un festival sur les oeuvres marquantes de l’opéra sans y inviter Monteverdi? La recréation de son Couronnement de Poppée, selon la production originale de 2000 à Aix-en-Provence, sera l’occasion d’un « partenariat » issu de la naissance de la nouvelle région « Auvergne-Rhône-Alpes » incluant l’opéra de Vichy où des représentations auront lieu. L’occasion également pour l’Opéra de Lyon d’inviter l’Ensemble Les Nouveaux Caractères dans ses murs.

L’Alceste de Gluck marquera pour sa part le mois de mai sous la direction de Stefano Montanari (que l’on connaît bien à Lyon). Alex Ollé et sa Fura dels Baus seront à la mise en scène, laissant espérer une lecture originale qui devrait savoir déchaîner les passions. Côté voix, Karine Deshayes sera Alceste, Julien Behr sera Admète et Alexandre Duhamel sera la Grand Prêtre.

La saison finira dans la bonne humeur avec Viva la mamma de Donizetti en coproduction avec le Grand Théâtre de Genève, le Teatro Regio de Turin et le Liceu de Barcelone. La mise en scène sera signée Laurent Pelly, Patrizia Ciofi sera la prima donna Daria et Laurent Naouri reviendra sous les traits de Mamm’Agata.

De nombreux concerts viendront agrémenter la saison, mais on note que, contrairement aux années précédentes, les récitals de chant se feront bien rares : un seul (contre quatre pour la saison actuelle et la précédente), mais toujours de grande qualité puisqu’il s’agit de Patricia Petibon accompagnée par Susan Manoff. L’opéra bel canto en version de concert que l’on attend chaque année en coproduction avec le Théâtre des Champs-Elysées clôturera le cycle Rossini mais Evelino Pido sera absent cette année et c’est Alberto Zedda qui reprendra la baguette pour Ermione avec Angela Meade, Eve-Maud Hubeaux, Michael Spyres, Dmitri Korchak, Enea Scala et Patrick Bolleire. Les récitals instrumentaux seront alors logiquement plus nombreux, avec notamment Les Musiciens du Louvre et Marc Minkowski début décembre. L’ouverture de saison se fera donc apparemment sans artiste lyrique, contrairement aux années précédentes (Anna Caterina Antonacci en septembre 2015, Joyce DiDonato en septembre 2014 ou encore Sabine Devieilhe en septembre 2013).

Voici ainsi une très belle saison qui s’annonce, avec un ballet toujours présent, d’autant plus nous serons en pleine Biennale de la Danse et que Jiri Kylian sera artiste associé à l’Opéra de Lyon pour trois saisons. Serge Dorny rappelle en fin de présentation que nous sommes dans une période de crise économique mais aussi morale, et que par conséquent il faut être créatif et audacieux. Une question se pose alors à nous : après Olga Peretyatko et Sabine Devieilhe, quelle jeune soprano nous réserve la Maison lyonnaise dénicheuse de talent? Les deux artistes étant absentes de cette prochaine saison, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle révélation…


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COMMENTAIRES:

    1. Elodie Martinez

      Bonjour,
      La billetterie pour la vente des places à l’unité est ouverte depuis le 1er juin à midi. La vente des abonnements est possible depuis le lendemain de l’annonce publique de la saison qui a déjà eu lieu.
      Vous pouvez donc acheter vos billets sur le site, par téléphone ou sur place. Vous trouverez tous les renseignements sur le site de l’Opéra de Lyon.
      Je vous souhaite une très belle saison et n’hésitez pas à revenir vers nous!

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