[Live-report] L’Orchestre National du Capitole de Toulouse dans Dufourt, Beethoven et Brahms à la Philharmonie

20 novembre 2016 Par
Yaël Hirsch
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Ce vendredi 18 novembre 2016, dans le cadre du cycle Beethoven, Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole étaient à la Philharmonie pour un programme riche qui commençait par une création de Hugues Dufourt, se poursuivait par le triple concertos avec le violoncelliste Istvan Vardai, le violoniste Guy Braunstein et le pianiste Sunwook Kim pour se terminer sur la dernière symphonie de Brahms.


sokhiev_c_marc_brenner

La salle Pierre Boulez était pleine et très concentrée pour un début de soirée place sous le signe de la création. Avec Ur-Geraüsch, composition de Hugues Dufourt, crée pour la première fois au festival Beethoven de Bonn en septembre 2016 et donné ce soir là pour la première fois en France, le public est entré pendant 30 minutes en hypnose dans le placenta des bruits originels. Le charme de cette musique spectrale a opéré à grands renforts de percussions douces et lancinantes, dans des ondes de sons suaves, fonctionnant sur le mode de la répétition. Une sorte d’introduction en contrepoint pour la suite allemande et brillante du programme.

C’est sous une pluie d’applaudissements que les trois solistes sont entrés en scène ornant que l’orchestre sepurait d’une partie de ses percussions pour un Triple concerto de Beethoven que le maestro Sokhiev a dirigé des le première notes sur le mode de la douceur. L’Orchestre du Capitole a commencé  presque sur un chuchotement pour monter vite vers la puissance claire du premier mouvement « allegro ». Puissance qui a d’ailleurs tellement impressionné le public que les applaudissements sont venus saluer l’interprétation au milieu du concerto. Menés par l’archet suave et doux de Istvan Vardai les trois solistes se sont renvoyés les notes de Beethoven comme des balles, le pianiste modulant avec une sensibilité infinie les thèmes que l’énergique duo Vardai / Braunstein se renvoyait.  La mélancolie du mouvement « Largo » a mis le violoncelliste au premier plan et les interprètes sont passés sans transition au dernier mouvement « Rondo alla Polacca » avec une vivacité et une brillance folles. En bis, Istvan Vardai, Guy Braunstein et Sunwook Kim ont joué avec une joie non dissimulée l’andante du premier trio de Mendelssohn.

Après l’entracte, la salle a retenu son souffle pour entrer dans une troisième heure de musique allemande avec l’Orchestre du Capitole. Pour cette Quatrième symphonie de Brahms, Sokhiev et Toulouse ont fait le choix de l’élégance et la placidité, avec un premier mouvement magistral qui commençait sous le signe de la paix et la placidité pour monter vers le tumulte, et en étirant dans le temps l' »Andante ». Les deux derniers mouvements sont montés dans le tempo, avec notamment les cors inauguraux et le solo de trompette clair et fort du dernier mouvement, mais l’Orchestre a continué à interpréter l’oeuvre sous le signe de la douceur et de la plénitude. La majorité de la salle a adhéré à cette vision peut-être un peu française et pas tout à fait assez passionnée de Brahms et a applaudi à tout rompre.

Le public est sorti vers 23h15 de la Philharmonie, après avoir parcouru dans la joie avec l’Orchestre du Capitole plusieurs pages de l’Histoire de la Musique. Une autre grande et belle soirée sous le signe de Beethoven à la Philharmonie.

Visuel : Tugan Sokhiev  (c) Marc Brenner


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