[Live report] Sir John Eliot Gardiner illumine la Messe en Ut de Mozart à la Philharmonie

26 janvier 2016 Par Yaël | 2 commentaires

Ce lundi 25 janvier 2016, Sir John Eliot Gardiner, ses English Baroque Soloists et le Monteverdi Choir enchantaient la Philharmonie en mode bristish et baroque dans un programme Mozart absolument parfait : la Symphonie 40 et la Messe en Ut.  Deux heures de concert parfait, où la révélation de la soirée a été la soprano américaine Amanda Forsythe, absolument renversante en soliste dans la  grande Messe de Mozart.

Note de la rédaction :

D’un Sérieux à la hauteur de sa réputation, habillé avec une élégance très stricte, Sir John Eliot Gardiner élude les applaudissements pour commencer immédiatement à diriger à son entrée en scène. Le programme de ce soir est riche. Et le maestro britannique entend bien l’exécuter dans les temps. Le premier mouvement fou, cinglant et néanmoins tellement familier de la 40e symphonie de Beethoven saisit le public, à peine transformé par le caractère ancien des instruments. Les violonistes se tiennent debout, concentrés. Dans cette formation vive, acienne et légère, l’aspect plus voilé et centripète du deuxième mouvement se fait sentir et même dans le menuet l’on a un peu l’impression de flotter dans les airs. On retombe sur nos pas et dans nos repères plus familiers avec la colère claironnante du final.

Vivement salué, Gardiner sort de scène avec la mêmes maîtrise, la même concision et la même élégance qu’il a témoignées dans sa direction. Après une pause d’une trentaine de minutes, le Monteverdi Choir rejoint sur scène les English Baroque Soloist, les hommes en veste noire, les femmes en veste blanches. Les deux solistes masculins restent nichés au cœur du chœur, tandis que les deux sopranos Amanda Forsythe -seule américaine dans un casting entièrement britannique-  et Hannah Morrisson entrent en scènes sous les applaudissements du public.

Le Kyrie commence  comme un enchantement sur ces instruments qui rappellent que Mozart a découvert Bach pendant qu’il écrivait cette Messe en Ut. Aux premières notes de sa partition « Christe Eleison », Amanda Forsythe renverse le public: avec un timbre à la fois haut et doux, elle semble moduler sa voix avec une aisance absolue et garder ses notes en bouche comme des grands plaisirs mystiques qui se fondent délicatement dans les répliques de l’orchestre. C’est absolument envoûtant et irrésistible te ne fait que monter en puissance tout au long de la la Messe qui culmine dans la grâce pure de la soprano chantant le « Et Incarnatus est ». A ses côtés, si pâle et très concentrée, Hannah Morrisson se sort très bien des trilles magnifiques du « Laudamus Te ».

Et leur Duo dans « Domine Deus » fonctionne comme de la magie. Se séparant à temps en deux groupes (notamment pour le Qui Tollis), le chœur passe d’une partie à l’autre de la Messe avec grandeur et nous mène magnifiquement de la douceur extrême du « Quoniam tu solus sanctus » au rythme solennel du « Credo ». Quand le « Benedictus » s’achève, toujours dans la rigueur et la simplicité instaurées par Sir John Eliot Gardiner, le public est un moment en lévitation avant d’applaudir. Et de féliciter longuement et chaudement les interprètes, notamment le flamboyante  Amanda Forsythe. Un bis est généreusement donné qui sacre les vents du baroque pour interpréter Mozart : il s’agit de sa dernière pièce sacrée, L’Ave Verum Corpus, aussi parfait et incisif que le reste du concert. Une magnifique soirée mozartienne, baroque et sacrée.

Visuel (c) : C. Christodoulou


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COMMENTAIRES:

  1. GF

    Merci pour ce compte rendu, mais j’ai une réserve : le public parisien n’était pas en lévitation : il applaudit hélas toujours trop tôt, trop vite et ne laisse pas mourir le son!

  2. Dominique Rabeuf

    Je ne connaissais pas la quarantième symphonie de Beethoven.
    Je suis en tain d’écouter la messe: magnifique.

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