[Live-Report] Le Wiener Symphoniker, Lahav Shani et Hilary Hanh doux et monumentaux à la Philharmonie

19 janvier 2016 Par Yaël | 1 commentaire

Dirigé par le jeune prodige israélien Lahav Shani (27 ans), le Wiener Symphoniker, ambassadeur de la capitale autrichienne depuis 1900 proposait ce lundi 18 novembre 2016 un programme exceptionnel Brahms et Dvorák avec notamment, le Concerto pour violon avec la soliste Hilary Hahn. Deux heures de grâce et un voyage chaleureux en Mitteleuropa dont aucun spectateur de la Philharmonie n’est sorti indemne…

Note de la rédaction :

Élancé, élégant et d’une énergie folle, le tout jeune Lahav Shani a remplacé Philippe Jordan à la tête du prestigieux Wiener Philharmoniker. Dès les premières mesures, il est entendu que le magnétique pianiste israélien et ancien assistant de Barenboim est en osmose parfaite avec l’orchestre autrichien. Selon son habitude, la Philharmonie nous concocté un programme en trois parties. D’abord une courte « curiosité » musicale, avec une Ouverture Carnaval pimpante et exubérante de Antonin Dvorák qui a remonté l’énergie de la salle parisienne d’au moins deux mesures en moins de 15 minutes.

Puis la gracieuse et fascinante violoniste Hilary Hahn est entrée en scène, très élégante dans son body noir et sa longue jupe à fleurs. Après le solennel et parfait début de l’orchestre, elle a attaqué avec infiniment d’énergie, de précision et de douceur (et avec un immense sourire) ce premier mouvement du concerto pour violon de Antonin Dvorák. Très attentive à aux autres musiciens les moments où ceux répondaient à son instrument en pause, elle semblait veiller sur le dialogue qui crée la surprise et l’épaisseur de cet « allegro » solide. Encore plus douce dans le mouvement lent, semblant danser de petits pas joyeux autour de son fidèle instrument, elle a longuement dialogue et avec l’orchestre et avec l’un des flûtiste, dans un deuxième mouvement d’une suavité parfaite. C’est dans une parfaite harmonie que la soliste et les musiciens du Wiener Symphoniker ont exprimé la joie la plus explosive, la plus légère et la plus communicative dans un mouvement final qui mêle virtuosité et idéal. A peine sorti des transes délicates de ce concerto infiniment chaleureux, le public très élogieux s’est vu gratifier de deux bis plus anciens où Bach a mis en valeur la perfection de l’acoustique de la Philharmonie.

Après maints applaudissements, pas mal de fleurs et une pause, une vingtaine de minutes de pause, le public est revenu s’asseoir avec recueillement pour la 4e symphonie de Brahms. Et en entendre une interprétation d’une beauté, d’une perfection et d’une sensibilité absolument époustouflante. Suggérant avec génie l’aspect grave et requiem de cette dernière symphonie en marquant avec tact et génie les silences, le Wiener Symphoniker et Lahav Shani ont bouleversé le public. Alors que le drame ascendant du premier mouvement a eu exactement l’effet puissant qu’on attend de lui, l’interprétation de ce 18 janvier 2016 nous a permis de revisiter l’adagio lancinant du deuxième mouvement et frissonner au rythme et aux chuchotements des pizzicati de l’orchestre. L’aspect plus joueur du troisième mouvement a constitué une petite pause, avant de se replonger dans l’émotion grave, les silences, et les fulgurantes ascensions du mouvement final. A la puissante dernière note, elle aussi parfaitement maîtrisée, la philharmonie s’est presque levée mais est restée sagement assise, à applaudi avec émotion et énergie. Preste et généreux, le chef d’orchestre a ordonné deux bis très dansants et très sensibles, comme une sorte de fil tendu entre Strauss et Offenbach. Un concert dont on est sorti avec une double impression de douceur et de perfection. De bien jolies et profondes émotions qui nous ont protégés du froid sur le chemin du retour.

visuels : Hilary hahn (c) MP O Leary et Lahav Shani (c) Marco Borggreve — in Amsterdam, Netherlands.


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COMMENTAIRES:

  1. SOMBRET

    Votre critique reflète en tous points ce que nous avons ressenti. Nous avons vécu le même évènement musical exceptionnel !
    Alain SOMBRET, Paris

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