[Live report] la pianiste Yuja Wang à la Philharmonie de Paris le 27 mars

28 mars 2017 Par
Olivia Leboyer
| 5 commentaires

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Hier soir, la grande salle de la Philharmonie a vibré, subjuguée par la belle pianiste chinoise Yuja Wang. Au menu, du Chopin, du Brahms et de multiples surprises au fil des rappels.

La musique peut s’écouter les yeux fermés, tandis que l’imagination vagabonde. Mais, hier soir, mieux valait les garder ouverts. Vêtue d’une longue robe lamée noir et or, épousant parfaitement son corps, la pianiste Yuja Wang a fait une entrée très remarquée. Pour, aussitôt, se fondre sensuellement dans du Chopin, mélancolique et trouble. La jeune femme semblait passer d’une vague triste à la suivante, marquant des temps suspendus avant de replonger dans les motifs lancinants.

Après l’entracte, pour célébrer Brahms, Yuja Wang entre en scène dans une robe ultra-mini, vert irisé absolument moulante et asymétrique, dos nu. Le public retient son souffle. On connaît les vertus érotiques des tenues austères habituelles des musiciens classiques. Du long, du sombre, des coupes impeccables et strictes. Ici, bouleversement des codes, le sexy s’assume en pleine franchise. Démarche déliée, petits regards espiègles, la belle tient la salle à sa merci. Pour appuyer sur les pédales, des talons vertigineux, d’une quinzaine de centimètres. Aimez-vous Brahms ? Oui, et on ne l’aurait pas associé, aussi spontanément, à des imaginations érotiques. Enjoué, presque primesautier, le jeu nous entraîne avec un charme certain.

« Ce n’est pas évident de jouer autre chose après Brahms » nous confie Yuja Wang dans un sourire. Mais elle a de la ressource ! « Avez-vous identifié le rappel ? » nous questionne un grand jeune homme fébrile, totalement pris par le concert. Les rappels se succèdent, avec une vraie générosité et, en effet, il faut suivre : Schubert: Gretchen an Spinnrad (arr. Liszt), Glück: Orphée et Eurydice, Mozart: Marche Turque (arr. Y Wang : un arrangement particulièrement jazzy de cette marche turque), Chopin : Ballade n.1 en sol mineur, Horowitz : Carmen (arr. Volodos), Tchaïkovski : Le lac des cygnes – Danse des petits cygnes, Rachmaninov : Vocalise (arr. Zoltan Kocsis).

On ne le dira jamais trop : l’acoustique de la salle Pierre Boulez est merveilleuse. Dans cet écrin, Yuja Wang a scintillé de mille feux, éblouissant nos yeux et nos oreilles.

visuels: photo officielle de la Philharmonie de Paris; photo ©Norbert Kniat.


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COMMENTAIRES:

  1. PERROT

    Parfaitement exact. Quand on lit parfois que cette pianiste étonne plus qu’elle n’émeut… À la philharmonie lundi soir, tout, de la première à la dernière note, était musique, dans un raffinement et une maîtrise extrême. Un superbe moment, riche en émotions multiples.

  2. CAZELLES Jérôme

    Il me semble que la première partie était entièrement dédiée à Schubert, et non à Chopin comme vous l’écrivez.

    La pianiste nous a fait pénétrer, par une petite porte qui s’est progressivement ouverte sur les salles successives d’un autre monde,dans lequel nous avons rêvé, vogué, volé !

    Magique ! merci

  3. Olivia Leboyer

    Merci beaucoup pour vos commentaires. En première partie, c’était bien du Chopin (Préludes, op.28) et Yuja Wang a aussi joué du Schubert, mais dans les reprises. Bien à vous. Olivia

  4. Michael

    Pour le dernier bis (Vocalise de Rachmaninov), Yuja Wang a joué la transcription de Zoltan KOCSIS, pas celle de Borodin…

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