[Live-Report] Anne Queffélec propose une promenade autour de Satie à Lille Piano(s)

20 juin 2016 Par Yaël | 1 commentaire

Le conservatoire de Lille était plein ce 18 juin 2016 au matin, dans le cadre de la deuxième journée du  festival Lille Piano(s) pour entendre la pianiste. Anne Queffélec nous proposait une balade dans « un jardin à la Française » dont le paysage musical était dessiné par Satie, Ravel, Hahn, Debussy, Poulenc et d’autres de leurs contemporains. Un moment aussi bien dessiné qu’intense.

Note de la rédaction :

Entrée sur scène avec un pull en mohair élégant, la pianiste s’est excusé de ne pas se présenter plus en tenue de soirée : un début de rhume et le froid pas de saison ont eu raison de son désir d’élégance plus légère. C’est une variation autour de disque, Ravel, satie et Compagnie (Mirare, diapason d’or 2013) qu’Anne Queffelec proposait avec une série de compositions françaises du tournant du 20ème siècle, dont quelques découvertes. C’est elle qui a prononcé le mot de « jardin à la française » pour parler du voyage qu’elle nous invitait à faire.

Débutant avec concentration et puissance sur une « Gnossienne » de Satie, elle est passée par Charbrier pour nous offrir une version plus cérébrale, très précise mais aussi moins jazzy et moins sensuelle de la première « Gymnopédie » que Fazil Say avait interprété à l’Auditorium la veille (lire notre article). Vibrante dans la puissante « Pastourelle » de Poulenc, Queffelec a fait entendre « la vieille boîte à musique » de Séverac, avant de nous faire entrer dans les brumes de la « Rêverie » de Debussy, le célèbre « Clair de lune » a bientôt suivi mais non sans un détour par des sentiers plus méconnus, comme l’expressive « Nonchalante » de Ferroud et deux pièces de Reynaldo Hanh bien de saison, tandis que la pluie battante faisait office de bruit de fond : « Hivernale » et « Le blanc songeur ». Anne  Queffelec a insisté pour que nous prêtions une attention particulière au « jeune » (et mort jeune) Gabriel Dupont avec l’étonnant « Après-midi de dimanche » qu’elle a joué avec passion, le poussant parfois vers une certaine dissonance. Encore un « Gymnopédie »,  un « Chant des pêcheurs » entraînant de Koechlin et puis le récital s’est terminé par un terrible et lancinant « Glas » de Schmitt.

Après un long salut et un hommage à l’accordeur, alors que sa maîtrise rationnelle et nerveuse du clavier va parfaitement avec l’esprit des grands composteurs français auxquels elle prête toute une riche panoplie d’expressivités, Anne Queffelec a décidé qu’on ne pouvait pas finir la promenade à la française sur une note aussi désespérée et a changé de registre. Elle a offert en bis un extrait de ses sonates de Scarlatti, sorties chez Mirare en 2015. Un très beau concert de début de journée qui nous a fait regretter de devoir quitter Lille et son festival de Piano(s) avant son terme : il y a encore bien de grands solistes à suivre ce soir et demain, souvent avec l’Orchestre National de Lille.

Visuel : photo officielle


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