Les Timbres et AnPaPié : deux trios très applaudis à Bach en Combrailles

10 août 2017 Par
Bénédicte Gattère
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Alors que le festival consacré à Bach entre dans sa XIXème année, le public est au rendez-vous. Éminents spécialistes et curieux conquis s’y côtoient. Toujours est-il que tous sont tombés d’accord ce mardi pour accorder leurs louanges à deux ensemble de musique de chambre, le Trio AnPaPié et Les Timbres.

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La journée se déroule ainsi en Combrailles : le Café Bach de 10h30 permet de s’instruire sur la musique du grand compositeur, à midi le récital d’orgue est donné, reprenant l’intégrale des « Chorals » de Leipzig et l’après-midi ainsi que la soirée se trouvent être consacrées aux concerts. Privilégiant des formations de chambre en ce début de programmation, les auditeurs ont pu assister hier à des concerts faisant se répondre Bach et ses contemporains.

Ainsi le concert de 16h donné à l’église de Miremont (rien n’est très loin du bourg auvergnat de Pontaumur) permis d’entendre la cantate 404a (KW 404a), en écho au célèbre Mozart, ou, de manière plus audacieuse, en pendant à Beethoven, avec son trio opus 9, n°3. Proposée par le trio féminin AnPaPié, la programmation de l’après-midi permit d’élargir les horizons de la musique allemande en mettant également à l’honneur Alexandre-Pierre-François Boëly, ce compositeur français connu seulement des mélomanes avertis.

L’ensemble Les Timbres proposa à l’avenant d’établir des ponts entre musique française et musique allemande. Ainsi, il offrit au public du festival un programme conçu spécialement pour l’occasion. Jean-Philippe Rameau et Johann Sebastian Bach, les deux géants du baroque furent mis en concurrence en l’église du Montel-de-Gelat ce soir-là. Avec leur trio comprenant clavecin, viole de gambe et violon, les musiciens firent des miracles et emportèrent leur public, jusqu’à la fin du concert. Cet ensemble, remarquable par son énergie, est emblématique de la nouvelle génération de musiciens baroques. Attentifs aux subtilités de l’écriture musicale de l’époque, scrupuleux et humbles devant les partitions des plus grands, ils savent conserver l’essence et le feu de cette musique exigeante, émotive parfois à l’extrême. Adaptant les orchestrations et le matériel musical original à leurs instruments et aux formats de concert actuels, Les Timbres est un trio à suivre. Nonobstant leur révérence pour le baroque, ces musiciens s’autorisent l’inventivité des interprètes les plus virtuoses. Chaleureusement applaudis, ils font d’ores et déjà partie des « coups de coeur » des auditeurs de Bach en Combrailles.

Visuel : © Agence Louise