Les disques classiques et lyriques du mois de Septembre 2017

21 septembre 2017 Par
Yaël Hirsch
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Parmi les bonnes résolutions de la rentrée : écouter plus de musique. La pluie de disques qui nous est tombée dessus à la rédaction a bien aidé. Voici ceux que nous avons fait tourner et tourner pour un automne qui commence sur une note très juste… Sorties imminentes ou prévues pour début octobre. A vos marques? prêts? écoutez!

faureCassard romantique
Alors qu’il prépare un livre sur Debussy à paraître en 2018 chez Actes Sud, qu’il vient de sortir d’accompagner Nathalie Dessay sur son disques de Lieder de Schubert et qu’il sort quasi-simultanément un album Beethoven, le pianiste Philippe Cassard propose une plongée en apnée dans la musique de Fauré, accompagnée par l’Orchestre National de Lorraine. Une expérience intime où l’on retrouve trois nocturnes (2,4,11), la ballade pour piano et orchestre en fa dièse majeur, la Fantaisie pour piano et orchestre en sol majeur, le Prélude Pénélope et la Suite de Pélléas et Melisande. Philippe Cassard, Jacques Mercier, Orchestre National de Lorraine, Fauré, La Dolce Volta, 20 euros, sortie le 13/10/2017.

barbara-hannigan-crazyLa voix et la baguette…
La soprano canadienne Barbara Hannigan passe de plus en plus derrière la baguette (dernièrement au Festival de Lucerne) et le grave dans le marbre avec un enregistrement en miroirs art déco : Crazy Girl Crazy. Avec l’orchestre Ludwig, elle propose autour de l’oeuvre éponyme de Gershwin un album où les vocalises détonantes et spatiales de Sequenza III for voice de Berio (1935) font écho aux accents graves et expressionnistes de la suite instrumentale de Lulu de Alban Berg (1934). Un disque surprenant et qui laisse d’autant plus de marques qu’il est accompagné d’un documentaire émerveillé signé par Mathieu Amalric, dans la continuité du travail que le comédien et réalisateur avait fait avec Barbara Honnigan pour son film présenté sur le Troisième scène de l’Opéra de Paris (à voir, ici). Passée par Paris le 8 octobre pour célébrer la musique avec « des amis » à la Maison de la Radio, Barbara Honnigan sera l’interprète de la Voix Humaine dans la mise en scène de Warlikowski, en mars 2018. Barbara Hannigan, Crazy girl Crazy, 1 cd + 1dvd, alpha classics, sortie le 22 septembre 2017.

Thomas Hampson fait la Sérénade en Français
serenade-hampsonAlors qu’il triomphe dans le rôle de Danilo dans la Veuve joyeuse à l’Opéra Bastille, le baryton américain Thomas Hampson est au sommet de son art dans son disque de Sérénades, où il chante avec suavité l’amour selon Gounod, Chabrier, Saint-Saens, Chausson … accompagné par le pianiste Maciej Pikulsk et sur des textes signés Hugo, Gaultier ou Verlaine. Dans « Les yeux clos » de Massenet, il transperce le cœur d’un « je ne sais quoi » de romantisme allemand qui sied bien au salon à la Française. Un disque doux et fort qui s’écoute et se réécoute sans fin. Thomas Hampson, Maciej Pikulsk, Serenade, Pentatone, 57 min, sortie le 15/09/2017, 25 euros.

crossing-the-linePar les femmes et pour les femmes : Crossing the line
La violoniste Clara Abou, la saxophoniste Emilie Heurtevent et la pianiste Anne de Fornel froment le Trio Empreinte qui s’est donné pour mission de faire redécouvrir un répertoire peu connu et notamment des compositions de femmes. leur disque Crossing the line permet de découvrir l’univers de quatre compositrices passées par le Conservatoire de Paris (ouvert depuis 1851 aux femmes), dont la mythique Lili Boulanger (1893-1918), morte de tuberculose à 24 ans et laissant derrière elle un répertoire puissant mais inachevé. Emilie Heurtevent a transcrit sa courte et fulgurante « Clairière dans le ciel n°5 » pour piano et voix pour les instruments du trio. De même, une transcription de la flûte vers le saxophone permet de découvrir une suite pleine de couleurs de Mel Bonis (1858-1937), élève de césar Franck et condisciple de Debussy. Enfin, le disque contient deux premiers enregistrements de compositrices encore vivantes : le sombre et mélancolique Trio Lyrique pour violon saxophone et alto de Ida Grotovsky (née en 1933) qui s’emballe avec feu dans son deuxième mouvement, ainsi que le titre éponyme de l’album dédié au trio Empreinte « Crossing the line » de Graciane Finzi, née en 1945 à Casablanca, Grand prix de la SACEM pour l’ensemble de son oeuvre en 2001 et encore très active. Crossing the line est un disque précieux : engagé, passionné et féminin, il fait découvrir des univers nouveaux. Trio Empreinte, Crossing the line, Klarthe, Sortie le 22/09/2017, 15 euros.

Du clavecin sinon rien
deux-clavecinsAlors qu’on pensait que le répertoire dédié à deux clavecins se limitait à Bach et Couperin, les jeunes Gwennaëlle Alibert et Clément Geoffroy transcrivent pas mal de Vivaldi pour cet instrument qu’ils ont en commun. Si pour certaines œuvres, comme le Concerto pour flûte, hautbois, violon et basson, c’est un peu terne, pour d’autres comme le fameux concerto pour deux violons, c’est une révélation. Un disque parfait à écouter en travaillant d’arrache-pied pour bien démarrer la rentrée.
Gwennaëlle Alibert et Clément Geoffroy, Antonio Vivaldi, Concerti pour deux clavecins, Encelade, 67 min, sortie le 13 octobre, 15 euros. 

Liszt à l’orgue est bien plus qu’un hommage à Bach, c’est une « divine tragédie ». En transcrivant sa suite pour orchestre « Orphée » et les « Funérailles » pour l’orgue de Saint-Eustache et son brillant titulaire, Thoams Ospital, Louis Robillard nous propose « un transparent vêtement d’ineffable et mystérieuse harmonie ». Et découvrir sa Fantaisie et fugue sur le choral « Ad nos, ad salurtarem undam » permet d’entrer par une nouvelle porte dans l’univers et les obsessions et la spiritualité de celui qui bouleversa l’art du piano et finit abbé. Thomas Ospidal, Liszt, une divine tragédie, Hortus, sortie le 22 décembre 2017, 15 euros.

visuels : couvertures d’albums