Les disques Classiques et Lyriques de février 2017

27 février 2017 Par
Yaël
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Chaque mois, Toute La Culture fait une sélection sur les disques classiques et lyriques qui ont marqué par leur sortie ou leur redécouverte l’air du temps. Panaché de notes plus que carnet critique, ce best-off de nos rédacteurs classiques et lyriques essaie de pallier un peu la fermeture des disquaires où nous passions tous des heures à écouter « les nouveautés », debout, en nage dans nos gros manteaux et inconfortablement calé contre un pylône au fond du magasin…

emmanuelle-bertrand

Un Festival (des) Saint-Saëns
A l’honneur de l’Opéra à l’automne dernier avec Samson et Dalila, Camille Saint Saens, premier compositeur à avoir écrit une musique de film (L’Assassinat du Duc de Guise en 1908) et à qui la longévité (86 ans!) a permis de côtoyer plusieurs générations et courants artistiques est sujet d’une explosion d’enregistrements. Que cela soit la violoncelliste Emmanuelle Bertrand qui imprime une version élégante et concentrée du premier concerto accompagnée du Luzerner Sinfonieorchester (Direction James Gaffigan) et des sonates 2 & 3 (inachevée) avec le pianiste Pascal Amoyel (Harmonia Mundi) ou bien le pianiste américain Andrew Von Oeyen, accompagné par le Philharmonique de Prague et Emmanuel Villaume qui nous donne une version très romantique, lente et solennelle du 2e concerto pour piano (Warner Classics), Saint-Saëns est omniprésent et magnifiquement traité dans les sorties de février. Parmi les pépites de cet hiver, ne manquez pas le versant lyrique de ce phénomène Saint-Saëns avec le ténor Yann Beuron et l’Orchestra Della Svizzera Italiana dirigé par Markus Poschner dans de bouleversantes Mélodies avec orchestre qui sortent chez Alpha Classics le 24 février. Sur des poèmes entres autres de Victor Hugo et portés par le timbre clair et majestueux de Yann Beuron, ce sont de véritables Lieder à la Française que nous pouvons redécouvrir sur cet album qui va du romantisme à l’orientalisme avec aisance. De belles découvertes lyriques, enregistrées pour la première fois avec 19 mélodies sur 25 sur ce disque.

L’heure espagnolisante
Il est samedi 4 mars 2017 au Théâtre des Champs-Elysées et vous n’avez pu échapper à son visage couvert par ses main sous une chevelure abondante dans tous les métros de Paris. Après une enquête transatlantique sur Liszt qui a conduit « le pianiste pour le 21e siècle » au triomphe au Carnegie Hall et à signer chez Deutsche Grammophon, le premier album du pianiste français Simon Ghraichy, Héritages, va puiser dans les origines mêlées de l’artiste pour proposer des extraits vifs et soutenus de Marquez, DeFalla, Villa Lobos, Lecuona ou Albeniz. Dans ce disque énergique, il y a aussi bien la skyline se New-York que du folklore cubain. Un album nomade, qui donne envie d’en entendre plus.

C’est avec solennité et de bien belles nuances que l’Orchestre de Douai rend hommage à la Symphonie Espagnole de Edouard Lalo avec un enregistrement habité et une série de concerts du 26 au 28 mars à l’auditorium Henri Dutilleux de Douai. Aux côtés du compositeur né à Lille Jean-Jacques Kantorow et son orchestre font entendre un autre compositeur né dans le Nord (Tourcoing): Albert Roussel avec le Concert pour petit orchestre et le Concerto pour piano, interprété par Alain Raës.

Sonya Yoncheva sage dans Haendel
Après « Paris mon amour » (Sony Music), la belle soprano bulgare Sonya Yoncheva s’élance à la conquête du continent Haendel (Sony Music également). Avec un choix classique d’arie (le CD commence par le « Si pieta di me non senti » de Jules César et se termine (avant bonus track sur le « Lascia ch’io pianga » de Rinaldo), et accompagnée par l’Accademia Montis Regalis, Yoncheva offre une promenade parfaite dans l’univers du maestro, mais l’étendue et l’intensité de l’album pâlit un peu à côté de la flamboyance de l’album enregistré en 2003 par Renée Flemming chez Decca ou du brio et de la technicité de l’album plus récent enregistré par la soprano russe Julia Lezhneva (Decca également). Il n’empêche que pour les fans de Yoncheva, le bain de baroque est doux et l’idylle apaisante. Et son « Non disperar, chi Sa? » (Julius Ceasar) est émouvant de brillance juvénile.

Redécouvrir Muzio Clementi avec Vanessa Wagner
A l’affiche des Bouffes du Nord le 29 mai, Vanessa Wagner a sorti le 24 février un album chez La Dolce Volta (Harmunia mundi) qui met en perspective deux compositeurs contemporains. C’est avec douceur qu’on y retrouve la Fantaisie en ré mineur de Mozart et avec joie la Sonate pour piano en Si bémol, tandis que la pianiste nous fait découvrir ou redécouvrir l’italien Muzio Clementi, né à la même époque que Mozart et mort un peu après. Sous les doigts de la pianiste, on entend vraiment le pont entre Mozart et Beethoven avec la Sonate pour piano en Fa majeur et la beauté tragique du premier mouvement de la Sonate en sol mineur qui raconte l’abandon de Didon nous replonge dans la beauté de la douleur baroque chez Porpora, Cavalli et Purcell – et pourtant le pli romantique est déjà là. Un album exigeant et méditatif.


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