Les Disques classiques et lyriques d’avril 2017 : Musique & Histoire

25 avril 2017 Par
Yaël Hirsch
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Comme chaque mois, Toute La Culture partage avec vous ses écoutes classiques et lyriques. En avril, l’Histoire était au rendez-vous, le printemps était aussi le temps des Lieder et quelques albums orignaux nous ont bercés dans l’écriture de nos articles. Albums choisis avant d’entrer dans la longue et heureuse saison des festivals d’été.

dessay-cassardL’âme allemande
Piano-voix-poésie-nostalgie, le Lied est à l’honneur en ce mois d’avril 2017, avec l’album de Nathalie Dessay dédié à Schubert. Elle nous a déjà étonnés dans un répertoire de comédie musicale, il y a quelques mois, la voici dans le domaine de l’âme allemande. Accompagnée par Philippe Cassard, la soprano laisse de côté ses fougueuses « Vocalises » pour proposer un album concis de morceaux choisis (2 Schwanengesang, 4 Willem Meister, des scènes champêtres…). Si le morceau de bravoure est le fameux « Roi des Aulnes » qu’on a plus l’habitude d’entendre par un homme, Dessay brille vraiment dans des Lieder doux et chaleureux comme le soyeux « Du bist die Ruh » (texte de Ruckert). A noter : après un petit passage par le Japon, les Etats-Unis et le Canada, Nathalie Dessay sera au Théâtre des Champs Elysée pour chanter ces Lieder le 14 mai 2017. Nathalie Dessay/ Philippe Cassard, Schubert, Sony, sortie le 24 mars 2017.

exiles-gaillardLe violoncelle et l’âme juive-allemande
Aussi grave et poétique que des Lieder mais propulsé vers un 20e siècle douloureux et complexe, le nouvel album de la violoncelliste Ophélie Gaillard parle d’exils avec un choix d’œuvres absolument passionnant : le nostalgique et coloré Schelomo de Ernest Bloch (1916) qui quitte la Suisse pour les Etats-Unis en plein première Guerre mondiale où il compose des réminiscences de « la vie juive », le wunderkind viennois Korngold, exilé, lui en 1936, chez qui Gaillard a choisi un extrait de la Ville Morte et le concerto en un mouvement pour violoncelle, une composition d’un autre exilé (1918) : Sergei Prokofiev, toujours inspiré de thèmes juifs, et puis de la musique vraiment folklorique juive avec Chava Alberstein. Accompagnée par l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par James Judd et le Sirba Octet, elle livre un album qui renferme des trésors du répertoire pour violoncelle et qui parvient à se concentrer sur l’exil des juifs. Un des grands disques de l’année. A noter : la violoncelliste sera à la salle Wagram le 5 mai. Ophélie Gaillard, Exiles, CIC/ A Parte Music. Sortie le 31 mars 2017. 

Les musiciens et la Grande guerre, encore et toujours…
mauditeguerreCe mois-ci où François Hollande rendait hommage aux poilus tombés sur le Chemin des Dames, le 16 avril 1917, la collection de CD « Les Musiciens et la Grande Guerre » s’agrandit de deux volumes (22 et 23) chez Hortus. L’occasion d’aller chercher dans cette « Maudite guerre » des œuvres de Puccini, Strauss, Lehar, Webern, Korngold et Leoncavallo ainsi que « Dans les services de Santé » des compositions de Ducassé, Huré, Ibert, Koechlin, De La Presle, Ravel, Roussel, Severac. Avec : Klaus Häger, baryton , Fionnuala McCarthy, soprano, Karola Theill, piano et Amaury Breyne, piano .

Grandes amitiés
Avec l’album bien nommé « No Piano, No problem« , la harpiste Manon Louis et le violoniste Philippe Villafranca prouvent qu’on peut jouer tout un vaste répertoire sans marteau sur les cordes. Dans un répertoire classique comme chez Massenet, dans des envolées hispaniques populaires comme chez De Falla, aussi bien que dans de la création (Florentine Mulsant, Sebastian Currier), le duo montre avec esprit qu’on peut se passer d’un piano pour faire de la musique à deux. Philippe Villafranca, Manon Louis, No Piano, No Problem, Bauer studio, sortie le 17/03/2017. 16 euros. 

bach-and-friendsC’est en solo, mais à la fois sur Grand Orgue et Clavecin, que le chef de l’ensemble Les Surprises, Louis-Noël Bestion de Camboulas, propose son premier disques solo autour de Bach et ses proches influences et influencés (Buxtehude, Pachelbel, Böhm…) aux éditions Ambronay. C’est « toute une ambiance de musique allemande à la fin du 17e siècle » que le musicien fait revivre dans un enregistrement fait à l’église de Ciboure, dans le Pays Basque. Louis-Noël Bestion de Camboulas, Bach & Friends, Editions d’Ambronay, sortie le 28 avril 2017, 18 euros.

visuels : couvertures officielles.


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