Le Petit Trianon au temps de Marie-Antoinette

11 juillet 2016 Par Florence Prunier | 0 commentaires

Samedi dernier, le domaine de Marie-Antoinette retrouvait sa jeunesse d’antan grâce à une promenade animée par l’ensemble de musique baroque Marguerite-Louise. Une soirée magnifique digne de porter son nom de fête royale. 

Nous avions rencontré l’organiste et le fondateur de l’ensemble Marguerite-Louise jeudi dernier, Gaétan Jarry, qui nous avait expliqué sa passion pour la musique baroque. De cette passion est né le jeune et brillant ensemble Marguerite-Louise, qui a été sollicité par le directeur de Versailles spectacles, Laurent Brunner, pour faire revivre en musique et à la manière des fêtes que l’on organisait à l’époque de Marie-Antoinette, le domaine de la reine, à savoir l’ensemble autour du Petit Trianon. La fête était élégante, poétique, joyeuse: la beauté des jardins, du Pavillon Français, du Petit Trianon et de la musique avec des extraits de Charpentier, Rameau et Couperin, nous a transporté trois siècles en arrière.

La soirée s’est donc déroulée comme une promenade, animée par des concerts intimes dans les différents lieux du domaine de la reine. Nous avons été accueillis dans la Cour d’honneur du Petit Trianon par trois extraits d’opéra: le Prologue du Carnaval de Venise d’André Campra, Les Arts Florissants de Charpentier et « Jouissons de nos beaux ans! », des Boréades de Rameau. Alors que les retardataires se pressaient pour entendre la musique, les chanteurs s’écriaient justement: « Hâtez vous, la fête va commencer ». Et ce n’était qu’un début, chaque extrait musical trouvait sa résonance dans le lieu dans lequel il était joué. Ainsi, au Temple de l’amour, nous avons pu écouter des chansons d’amour de François Couperin; le 9ème concert des Goûts réunis, Doux liens, Les Solitaires, Muzette, extrait des Concerts Royaux et La Pastorelle. Dans le Pavillon Français, ont été choisi des Pièces de Clavecin en Concert de Rameau qui mêlait violon, flûte, viole et clavecin avec subtilité et gaïté. Enfin, la Chapelle s’est animée de chants sacrés qui a fait résonner le Magnificat H73, De Profundis H232, un extrait du Reniement de Saint Pierre H 424 de Charpentier et le Qui dat nivem de Couperin. Après des moments de plus grande légèreté avec les chansons d’amour, les voix se sont faits l’instrument de la louange à Dieu, sous la direction de Gaétan Jarry.

Ce qui a ajouté au brio de l’ensemble Marguerite-Louise tout en long de la soirée, est la passion qu’il a su déployer: les Divertissements de Couperin au Temple de l’amour sont devenus chansons jouées par Virginie Thomas et Marduk Serrano-Lopez autour du violon et du théorbe. Les extraits de la Première et de la Cinquième Suite de Clavecin en Concert de Rameau, joués dans le cadre intime de la musique de chambre, ont été un ravissement délicat et joyeux.

Le beau temps, couplé d’un buffet où champagne, plateau de fromage et de charcuterie ont pu être dégustés, ont achevé de charmer les convives entre les différents concerts. Un air de campagne avec le chant des oiseaux et le croassement des grenouilles a su compléter le raffinement de la musique baroque, lui donner son espace de liberté. Nous avons également pu profiter d’une visite du Petit Trianon, où est exposé le fameux portrait de Marie-Antoinette de la talentueuse peintre Elisabeth Vigée Le Brun, qui avait été mise à l’honneur l’année dernière au Grand Palais. Enfin, la fête s’est splendidement terminée par un surprise autour du Lac du Rocher, à côté de la grotte dans laquelle la reine s’était réfugié au moment où les révolutionnaires marchaient sur Paris. Laurent Brunner nous a fait le plaisir de lancer un feu d’artifices privé, qui a achevé de nous mettre des étoiles dans les yeux!

Visuel: Concert de harpe dans la grotte, Lac du Rocher © Ensemble Marguerite-Louise


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