Le Festival de Saint-Denis ouvre en beauté avec la 3e Symphonie de Mahler

27 mai 2016 Par Yaël | 0 commentaires

L’édition 2016 du Festival de Saint-Denis a ouvert au cœur majestueux de la Basilique avec l’intensité de la 3e symphonie de Mahler, dirigée par Mikko Franck, avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, la Maîtrise de Radio France, le Chœur de Radio France dirigé par Sofi Jeannin et la mezzo-soprano Mihoko Fujimura. Un moment de grâce solennel qui aura lieu pour une deuxième production, ce vendredi 27 mai 2016.
Note de la rédaction :

La Basilique Saint-Denis est pleine à craquer, ce jeudi 26 mai 2016 et près de 150 musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France sont déjà en place sur une scène qui les élève par rapport au public. Derrière cette scène, quelques tentures sobres et une lumière douce et bleutée. Sur les côtés quelques écrans qui permettent de voir les musiciens en grand et rappellent que Arte enregistre pour diffuser cette 3e symphonie de Mahler. Lorsque la baguette de Mikko Franck donne le départ, la Basilique entame un magnifique voyage de près de 2h de musique sans interruption.

Écrite pendant l’été 1895 dans le cadre reculé de l’Attersee par le compositeur, cette 3e symphonie déroule 6 mouvements qui parlent mystiquement de la création du monde. « Kräftig and entchieden » (avec force et décision), le premier mouvement dure plus de 30 minutes où l’orchestre Philharmonique de Radio France nous fait entrer dans un autre rythme et un ailleurs mesuré. Trompettes et basson ressortent comme autant d’élément mystérieux d’un paysages fluvial. Plus léger et viennois, le « Tempo di menuetto » du deuxième mouvement étonne presque dans le cadre solennel de la Basilique Saint Denis tandis que le la solennité revient avec le « Comodo. Scherzando » du troisième mouvement.

C’est dans la plus grande attention du public et avec une fluidité infinie que l’on entre dans la prière avec le très beau chant nietzschéen du « Oh mensch! Gib Acht ». A la fois sensuelle et empreinte de mystère, la voix de la mezzo-soprano japonaise Mihoko Fujimura résonne avec une force infinie dans le cadre et la pierre de la basilique, et l’impératif de s’aventurer dans la profondeur du monde et des émotions – joie ou peine -qu’il procure résonne dans tous les cœurs comme un impératif.

C’est sans transition que les choeurs de femmes et enfants reprennent le flambeau avec un quatrième mouvement vif et joyeux « avec une expression impertinente », extrait du Knaben Wunderhorn où les timbres imitent les cloches et où la musique dit vouloir laver le péché. L’Orchestre Philharmonique de Radio France, qui semble gagner en acuité et en précision à chaque mouvement, termine la symphonie par son sixième mouvement « à vents », « Lent. Calme. Profondément Senti », qui monte vers une transcendance dans l’amour et la paix. Dans son fauteuil de chef d’orchestre, Mikko Franck danse quasiment pour donner toute son ampleur à la reprise du thème du mouvement. Le public est à l’unisson de l’intensité de l’ascension et les applaudissement généreux éclatent tôt.

Cette version puissante de la 3e symphonie de Mahler est reprise ce vendredi 27 mai 2016, à la Basilique Saint-Denis.

Les Festival de Saint-Denis se pousuit jusqu’au 24 juin 2016. Tout le programme, ici.

visuel : ©FSD2016Ch.Fillieule


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