L’Armée des Romantiques à la conquête de Mérinchal

15 août 2017 Par
Bénédicte Gattère
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Le festival Bach en Combrailles avec la nouvelle direction artistique de Vincent Morel a su se montrer audacieux dans sa programmation de 2017. Preuve en est faite avec l’invitation de l’Armée des Romantiques et leur répertoire XIXe au cœur de la manifestation baroque.

Le concert donné en l’église de Mérinchal (Creuse) débuta par un « tube » du classique : l’Ave Maria de Charles Gounod. Tous, des mélomanes les plus avertis, jusqu’aux profanes purent s’y retrouver. Le ton était donné, enlevé. Le quintette en fa mineur FWV 7 de César Franck suivit ce premier morceau, avec sa progression caractéristique, se terminant sur l’allegro endiablé. Franck encadrait le programme de ce concert, joué de nouveau en toute fin avec la célèbre sonate pour violon et piano FWV 8. Encore une fois, ce morceau, narratif, avait de quoi séduire toutes les oreilles.

Le lien avec Bach constituait bien le fil rouge de ce programme. En effet, l’Ave Maria fut adapté par Gounod sur le prélude du premier livre du Clavier bien tempéré. Les deux morceaux joués en milieu de concert, deux pièces concertantes de Camille Saint-Saëns et de Friedrich Wilhelm Grützmacher, formaient quant à elles un diptyque de retranscriptions des œuvres de Bach (BWV 1005 ; BWV 1008). Les deux compositeurs du XIXe, arrangeurs de Johann Sebastian Bach, avaient à cœur de faire entendre le baroque à une époque où il était encore considéré comme un genre musical poussiéreux, bon pour les historicistes, les pointilleux de la partition mitée. Les deux pièces, l’une pour piano, jouée par Rémy Cardinale et l’autre pour violoncelle interprétée par Emmanuel Balssa permirent au public d’ouvrir une porte sur l’interprétation XIXe : une occasion unique d’entendre le baroque à l’heure de sa redécouverte, avant sa légitimation plus récente.