[Interview] Patrick Ayrton nous parle de l’édition 2016 de Bach en Combrailles

5 août 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Alors que du 8 au 13 août, l’édition 2016 du Festival Bach en Combrailles s’apprête à faire résonner la musique du Cantor de Leipzig au cœur de l’Auvergne, grâce aux orgues de l’église de Pontaumur, le directeur artistique du Festival Patrick Ayrton nous parle de sa dernière année à la tête d’un événement musical qui attire chaque année 5000 spectateurs à 18 concerts.

Cette année le festival se place sous le signe de la transmission. Que transmet-on quand on parle de Bach? Y a t il diverse « écoles » de cette transmission? En choisissez vous une particulière à Pontaumur?
Je n’ai jamais été attaché à une école d’interprétation, plutôt qu’une autre, de la musique de Bach. L’universalité de son message, la pluralité de son art, la diversité de son œuvre, voilà ce que j’ai essayé de mettre en évidence pendant 12 ans.

Célébrer la musique de Bach en Auvergne, avec des musiciens venus d’Angleterre ou d’Allemagne aux côtés de l’orchestre d’Auvergne et de Voces 8 permet-il un rayonnement  européen pour le festival ?
Certes, Bach, qui avait très peu voyagé et n’était jamais sorti de son Allemagne natale, s’exprimait dans ce qu’on appelait le style mêlé (Gemischter Stil), un langage unifiant les goûts nationaux de son époque : musique italienne, française, allemande, polonaise…C’est un musicien européen avant la lettre et j’ai souhaité que cet aspect se reflète dans le festival.

Comment vous sentez vous alors que vous passez le flambeau à Vincent Morel pour la direction artistique du festival ?
Ce n’est jamais facile de tourner un page, mais sachant que Vincent fera un travail excellent, et souhaitant moi-même rester proche du festival, je suis heureux et serein.

Quelle est la place de la pédagogie et des étudiants, avec les auditions d’orgue et les conférences ?
La pédagogie a toujours joué un rôle important à Bach en Combrailles. Pas un seul concert, toutes ces années, n’a pas été présenté, expliqué, éclairé, avec les mots justes, permettant une meilleure compréhension des œuvres. Tout cela grâce à Gilles Cantagrel. Les auditions, elle, ont permis – et continuent à le faire – à des jeunes organistes de se présenter, roder un programme, se faire la (les !) main….

Le festival a t il pour objectif de faire découvrir de nouvelles formations ou de nouveaux talents ?
Oui, c’est un de ses objectifs, mais aussi de présenter des noms « phares » de l’interprétation bachienne ainsi que des artistes au sommet de leurs carrières.

Avec l’ascension du mont Ventoux et des concerts qui permettent d’entendre la musique italienne ou allemande qui a inspiré ou a été contemporaine de Bach, quel est le travail sur le contexte?
Il est toujours intéressant de placer un compositeur dans son contexte historique. Si l’on lit la vie de Bach dans les détails, on y trouve un foule de clefs d’interprétation de sa musique. Cela tombe bien, lui qui n’a écrit aucun texte permettant d’y voir plus clair sur ce point !

Quel est ou quels sont les concerts qui vous ont le plus marqué à la tête de ce festival et lequel attendez vous avec une impatience particulière pour cette édition 2016?

Chaque concert sera et pour moi un point culminant ! Bach se célèbre dans l’intimité comme dans le panache. Un mouvement lent d’une sonate pour viole de gambe émeut autant que le Sanctus de la Messe en si, en tout cas en ce qui me concerne.

visuel : photo officielle du festival


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