Histhéroïque Beethoven à La Philharmonie de Paris

10 mars 2016 Par Bérénice Clerc | 0 commentaires

Laurence Equilbey retrouve le plateau de la Philharmonie de Paris pour un Beethoven Héroïque avec Insula Orchestra et Nicolas Angelich au piano. Une jolie soirée musicale sous les applaudissements et les bravos des spectateurs exaltés.

Mardi 8 mars, Paris sous la lumière de la lune ascendante, une veille d’éclipse de soleil et à la fin de l’unique journée internationale de lutte pour les droits des femmes, il fait froid.

La longue marche du métro vers la Philharmonie permet de découvrir un écran géant, au sol, illisible au loin caché par de nombreux lampadaires, le vent s’engouffre dans le grand escalier et les deux escalators où les spectateurs en nombre stagnent car la circulation est difficile à cause du manque d’espace aux tournants. Fouilles, ouverture de manteaux et palpations électronique de rigueur, pair impair, la salle est comble du parterre au dernier étage sans oublier l’arrière scène.

Insula Orchestra, un la pour tous, Laurence Equilbey et Nicolas Angelich s’installent pour le concerto pour piano n°4. Échanges de regards, la musique peut naître. La scène semble toute petite, le piano à l’avant cache le corps de Laurence Equilbey, cela ne semble pas gênant au début, mais la gestuelle de la chef fait entièrement parti de ce type de concert, le manque se fera sentir à mesure de l’avancée de la partition. Il fut pourtant drôle de voir jaillir du piano un bras, un morceau de main ou un bout de tête avec quelques cheveux quasi dressés !

Insula Orchestra a un très beau son, chaque concert le prouve, il se renouvelle et s’installe dans de jolies éclats. Nicolas Angelich est chez lui, il respire la partition, comme si elle coulait de ses doigts juste là pour les spectateurs du soir. Son doigté est très agréable à regarder et les sonorités de piano s’arrondissent avec douceur et délicatesse.

La musique nous parvient, la salle étouffe pourtant le son comme si un couvercle ou une épaisse vapeur d’eau le rendait plus pesant. La foule applaudit et hurle « BRAAAAAAVOOOOOOO ».

Le soliste vedette revient pour un court solo puis l’entracte commence.

A l’étage une société en profite pour servir ses cocktails à ses gros clients ou ses fidèles employés peut-être. Dans le couloir, une chanceuse classe de niveau primaire semble ravie d’être là, chacun discute, commente, reste à sa place ou vaque à différentes occupations avant de retrouver son siège.

Plus de piano, l’orchestre et Laurence Equilbey s’offrent à l’ »héroïque » symphonie n°3.

Laurence Equilbey choisit une configuration historique, loin des « grosses cavaleries »  habituelles ou de références.

Insula Orchestra confirme toute la beauté des couleurs de ses instruments d’époque. Des vents magnifiques, la première flûte, le cor, des percussions puissantes et précises, les bois et les violons, tout est séparé, tout est ensemble. La beauté de la matière musicale semble palpable quand Laurence Equilbey lâche la baguette et dirige à mains nues.

La musique est belle, sa structure solide, la qualité du travail est indéniable mais, il y a un mais pour ce concert. Une sorte de détachement se dégage de ce concert, un manque d’émotion, d’emportement nécessaire et contrôlé, il manque un peu de passion, de romantisme, de sensibilité et de sensualité.

Tout est là, l’orchestre est virtuose, la partition joliment interprétée mais Laurence Equilbey a donné la mauvaise ou plutôt l’excellente habitude de l’excellence alors un rouage bien huilé frustre un peu et donne envie de voir briller toute la poussière étincelante du son qui emporte ailleurs.

La foule des spectateurs a adoré, les rappelles furent nombreux et les spectateurs heureux regagnèrent le froid nocturne qui en taxi, en navette, à vélo, à pied ou en métro comme des héros chargés de l’énergie de Beethoven et des musiciens. Le concert est visible ici et la tournée d’Insula Orchestra continue, il faut les voir en live, soutenir leurs projets pour mesurer tous leurs talents.


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