Concert du 20 juin en hommage à Henri Dutilleux à la Philharmonie

21 juin 2016 Par Olivia Leboyer | 0 commentaires

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Le 20 juin, ce n’était peut-être pas le jour exact de la Fête de la Musique mais nous avons eu la joie d’entendre un hommage à l’immense compositeur Henri Dutilleux par l’Orchestre national de Lille, dirigé par le maestro Jean-Claude Casadesus. Un merveilleux concert, insolite et marquant.

Note de la rédaction :

La Philarmonie était pleine à craquer, ce lundi soir de pluie, pour célébrer Henri Dutilleux (né en 1916). Quelles affinités électives ont présidé au choix du programme ? Des mélanges, des impressions contrastées, séduisantes et fortes : du Verdi, du Chopin, du Dutilleux et, pour finir, le Boléro de Ravel. Etrange voyage, qui nous a transportés.

L’ouverture de La Force du destin, de Verdi, a imposé sa belle inquiétude. Sinuante, profonde, sa musique nous entraîne dans une mélancolie sombre et lumineuse. Il y a quelque chose de feuilletonesque dans les thèmes amples et simples qui nous atteignent forcément.

Pour le concerto pour piano n° 2 en fa mineur op. 21 de Chopin, nous accueillons le grand pianiste Boris Berezovsky. Impressionnante stature et jeu délicat, léger comme une plume. Chopin nous convie à une rêverie amoureuse sans issue, virevoltante et triste.

Acclamé, Boris Berezovsky revient pour jouer la belle étude n°3 en mi majeur op. 10 de Chopin, « Tristesse », qui a directement inspiré Gainsbourg pour son troublant « Lemon incest ».

Après l’entracte, le chef Jean-Claude Casadesus s’adresse à nous, avec simplicité et émotion, pour nous parler de son ami Henri Dutilleux, un très très grand compositeur de notre temps. Moderne, sa musique l’est, proche de l’art abstrait. Mais elle possède aussi cette force d’évidence, qui touche au cœur. Casadesus dirige avec fougue les étonnants Métaboles, dansant presque. On sent l’orchestre profondément heureux, à l’unisson.

Même harmonie pour le si connu Boléro de Ravel. Quel lien avec Dutilleux ? Peut-être le côté obsessionnel de Ravel ? En tous les cas, la précision des musiciens, recueillis et attentifs, fait plaisir à voir. Ce Boléro se regarde autant qu’il s’écoute et les sourires des musiciens au moment des saluts montre à quel point, dans cette formation, l’entente est réelle. Malicieux, Jean-Claude Casadesus nous enjoint d’aller nous coucher en mimant une joue sur l’oreiller.

Un concert superbe, très touchant.

visuels: photos officielles.


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