Au Châtelet, le Sirba Octet Jubilatoire !

23 juin 2016 Par admin | 1 commentaire

A l’occasion du festival des cultures juives, le Sirba octet a pris possession du théâtre du Châtelet pour un concert au titre évocateur : Jubilatoire !

Et il régnait une véritable ambiance jubilatoire au théâtre du Châtelet qui contrastait grandement avec la pluie parisienne dont on avait l’impression à ce premier jour de l’été qu’elle ne cesserait jamais. Dans une salle comble, en attente d’intenses émotions, les huit compères du Sirba Octet ont la pression pour remplir à bien cette mission.

Cet ensemble mené par le trépident violoniste Richard Schmoucler de l’Orchestre de Paris revisite les classiques de mélodies Klezmer dont certains tubes avec plein d’humour et d’autodérision : dans des temps de silence, le contrebassiste Bernard Cazauran fait tourner sur lui-même son instrument ; sur un air typiquement mélancolique et prenant d’Europe de l’est, Philippe Berrod à la clarinette s’agenouille devant la belle Claude Giron au violoncelle comme pour la demander en mariage. La salle oscille entre rires heureux et un sentiment de tristesse que diffuse ce chant Yiddish qu’est Papirosn.

Un peu plus tard, des mélodies festives font hésiter les spectateurs à taper dans leurs mains. Les « hé ! » incitatifs de Christian Brière, aussi au violon, convaincra les indécis. C’est une salle hystérique qui deviendra comme le neuvième élément de cet Octet. On distinguera même certains malins battant à contre mesure.
Un joli solo de David Gaillard à l’Alto nous fait redécouvrir la profondeur de l’instrument. Quand à Iurie Morar, il épate la galerie en maniant avec une virtuosité impressionnante ses mailloches en bois sur les cordes de son cymbalum. Yann Ollivo met un magnifique liant dans cet ensemble au piano. Les contrastes entre les moments heureux qui transmettent une véritable excitation au public et les moments de tristesse et de mélancolie bien connue du Klezmer sont saisissants.
Pour les transitions, certains morceaux sont précédés par des blagues qui n’épargnent ni les rabbins, ni les fameux rapports mère-fils.
Ce pauvre fils veut présenter à sa mère sa fiancée.
Pour brouiller les pistes et s’assurer de son objectivité, il invite trois jeunes filles à déjeuner avec sa mère.
A la fin du repas, il lui demande : maman, laquelle crois-tu qu’elle est ma fiancée ?
La mère répond : la brune.
Comment le sais-tu ?
Bah, elle ne me plait pas !

Rires. Commence alors la fameuse mélodie A Yiddishe Mame. Tout en contraste.

Jubilatoire ! Plus qu’un concert magnifique, c’était aussi un spectacle plein d’humour que le Sirba Octet proposait au Chatelet. Une véritable soirée chaleureuse qui compensait l’absence de climat estival qui aurait du s’annoncer, ce 20 Juin 2016.
Le public en a redemandé, plus d’une fois !

Par Michaël Sibony

Visuel : DR


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COMMENTAIRES:

  1. COHEN

    Bonsoir. J’étais présent au concert du Sirba Octet au Théâtre de la ville lundi dernier, et je dois dire que la soirée a été merveilleuse : les musiciens sont extraordinaires, le répertoire oscille entre joie et tristesse, profondeur et légèreté. Une soirée sublime. Et un spécial bravo pour le son qui était parfait : le timbre des instruments étaient parfaitement retranscris en salle, c’est rare pour être signalé !

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