« Quand la photo est bonne » : Vincent Delerm, son & images, à la Philharmonie

7 avril 2017 Par
Yaël Hirsch
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De retour cet hiver avec A Présent (Tôt ou tard), un nouvel album plus « traditionnel » que le précédent qui poussait les limites des formats (lire notre interview), Vincent Delerm s’installe pour quatre jours avec ses quatre musiciens, son piano et ses photos (publiées chez Actes Sud) sur la scène de la Cité de la Musique. Un spectacle très travaillé, empreint de nostalgie et où les photos sont vraiment bonnes.

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Le temps que tout le monde s’installe, on voyait ses jambes dépasser du rideau d’un photomaton. Vincent Delerm est heureux de sortir de sa chambre obscure pour un spectacle très complet offert à un public qui joue volontiers le rôle du chœurs à la Philharmonie.Intitulé « Photographies », le spectacle suit sa thématique avec nostalgie, volontiers sur les routes de l’Italie ou das les rues de Paris, avec une pointe d’humour, pas mal de références et une grande cohésion. Le cadre est posé en blanc et en projection, avec des questions clés. Les chansons se suivent, douces et aux mots poétiques du quotidien, portées par le xylophone, le violon et le violoncelle. Elles sont choisies et bien exposées.

Une petite note d’humour avec les photos banales des tournées : les réverbères, les appliques des chambres, les commodités. Et côté bande-son, c’est langoureux, avec de « vieilles » chansons, choisies dans la discographie généreuse de Delerm selon le modèle du cadre (évidemment Fanny Ardant, posée sur l’étagère que Delerm transforme en romance sans parole). Il y le titre « Martin Parr » en néons, avec des photos du maître et puis aussi un interlude de citations de photographes sur leur art (Salgado, Parr, Klein, Winogrand). Un peu tamisées par le temps, on retrouve les couleurs de Rouen, sa fête foraine d’avant Google et les clichés émouvant du jeune Vincent, du temps des premières barbes et des cheveux noirs de jais. Barbara et sa très politique « Si la Photo est bonne » est chantée debout avec un solo de xylophone…

Et puis les photos s’animent et les cinéma prend le pas avec « Joe Montana » et une très belle projection finale des « Filles de 1973″(qui n’ont plus d’âge mais des visages autour desquels le monde tourne). En bis, Delerm nous offre le traditionnel tube du dernier disque « Les chanteurs sont tous les mêmes » et l’on retrouve un dernier cadre avec générique pour présenter les musiciens en trombinoscope.

Avec Photographies, Vincent Delerm et son équipe livrent un album de nostalgie très émouvant et délicat. Un objet esthétique et familial vraiment précieux…Précipitez-vous, il reste quelques places pour la dernière de ce vendredi 7 avril 2017.

visuel : (c) Cauboyz