Mathieu Boogaerts inspiré et bien entouré pour fêter ses 20 ans à la Philharmonie

18 février 2016 Par Yaël | 0 commentaires

C’est dans l’antre de l’ancienne Cité de la Musique (Philharmonie 2), qu’entouré par 8 musiciens merveilleux, Mathieu Boogaerts a fêté avec le tact et la douceur qui lui sont caractéristiques 20 ans de carrière influente. Celui qui a creusé son sillon dans l’ombre, fidélisant un public de passionnés, a prévu 20 chansons et quelques reprises, pour nous faire faire avec tendresse le tour de son univers si propre et cohérent. Une promenade vraiment musicale qui s’est finie dans la complicité de ce qui est peut-être son plus éclatant succès : la Polka en duo avec Luce.

Note de la rédaction :

Dans les couloirs de la Philharmonie 2, on trouve discrètement accrochés les posters des grands concerts de Mathieu Boogaerts, dont les épiques mercredis en duo à la Java. En 20 ans de carrière, des compositions pour des chanteuses comme Camelia Jordana ou Luce et plus de 1000 performances intimistes devant des jauges un peu sauvages de fans de son « minimalisme » émouvant, Mathieu Boogaerts est devenu un artiste incontournable de la scène française. L’artiste a fêté avec joie et gratitude son anniversaire en deux jours, les 16 et 17 février 2016, entouré de 8 musiciens exceptionnels (dont Zaf Zapha à la basse, fabrice Moreau à la batterie et Anthony Caillet à l’euphonium).

Premier sur scène dans son T Shirt rose un peu décalé, c’est très ému et en présentant ses musiciens que Boogaerts a déclenché sa guitare. Concentré sur le rythme, demandant comme une faveur un peu vache à son public de ne pas pas battre des mains, il a enchaîné les chansons, pendu à ses cordes précises. Il a commence par l’emblématique « Bien », dont la nostalgie était encore soulignée par les pincements du violon et de l’alto. La Lumière était aussi chiadée que la musique, avec un joli jeu d’éclairage des instruments en marche et des couleurs, notamment pour le crapaud qui promet de se transformer en prince de la chanson « Sylvia ». Boogaerts était très intense en ce concert d’anniversaire avec beaucoup de tendresse, une précision folle et des rythmes reggae doux, dans des chansons aux textes riches comme « Attention » sur la paternité ou « Dom » sur la disparition d’un ami. Dans son franglais inénarrable, il a célébré la virilité (« All I wanna do », « Come to me ») et puis au piano un peu aquatique la valse de l’amour (« Flore »).

Assez « cash » dans ses interventions parlées, il a aussi un peu ouvert les coulisses de ses chansons, expliquant sur le mode de la confidence un peu mystique comment une expression est en général à l’origine d’un texte et d’une chanson (« Jambe »). Après 20 titres inspirés et concentrés qui sont passés comme un charme, dans les bis, Mathieu Boogaerts s’est lâché avec un duo très émouvant avec Luce pour la « Polka » et un « Siliguré » aussi cru que voyageur. Un joli concert nomade où Boogaerts a démontré qu’il a construit tout un monde qui lui est propre et dont la créativité – pour la musique autant que pour les mots – continue de nous étonner et nous séduire.


visuels : YH


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