[Live report] Philippe Katerine au Flow

26 mai 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Quel artiste ! L’extravagant Philippe Katerine est exceptionnel dans le récital qu’il donne en ce moment sur le Péniche le Flow, à Paris. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, Katerine, c’est du sérieux !

Dès l’entrée, le ton est donné avec la distribution d’un flyer écrit à la main. « Katerine a un message pour vous » dit l’accueil. On peut y lire « Le concert auquel vous allez assister ne se reproduira plus jamais », puis une liste de remerciements pour tous ceux qui ont contribuent au spectacle. Avec leur portrait par l’artiste. Dans la cale du Flow, les fauteuils rouges se remplissent joyeusement.

Après trois bons quart d’heures d’attente sur une musique celtique insupportable, type comptine d’enfant, le public appelle le fantasque. Et le fantasque surgit de derrière les rideaux dans un habit indescriptible, gris-vert à lanières, aux épaules immensément larges. On rit déjà.

Le rire, conduira le concert de bout en bout. Mais cela ne dit pas tout. Car entre quelques pitreries (si, encore, elles en étaient complètement) type Reine d’Angleterre ou la Banane, il faut bien comprendre que Katerine, c’est du sérieux. Les textes de son très bon dernier album font réfléchir. L’orchestration (il faut saluer ici le travail d’Alexis Kune) est admirable et l’accompagnement de Dana Ciocarlie est excellent. Katerine est un excellent acteur, tour à tour peintures flamandes, triste et enjoué, cynique et révolté. Un immense showman dans cette petite salle. Dans un décor si nu, on en triche pas.

C’est un cabaret moderne, irrespectueux, relevant les travers humains et se jouant de leur absurdité Variant les voix, les tons, les poses, il évoque tour à tour l’addiction, son père décédé, les rapports humains, la mort. Toujours avec légèreté et profondeur.

Quelques scènes drôles avec le test des instruments ou celle de l’envol du hérisson viennent garnir ce bouquet réjouissant. Marine Le Pen, Des Bisoux, les Automobiles sont de la partie. Et notre préféré, Poulet.

Virtuose transformiste, passant de ses délires persos à plus serieux avec Poulenc et Apollinaire, Katerine fait preuve au Flow d’un sens suraigüe de la scène. A voir absolument !

Visuels : EP


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: