[Live report] Michel Polnareff à l’AccorHotels Arena

8 mai 2016 Par Bastien Stisi | 1 commentaire

Hier soir, et 9 ans après son dernier passage au Palais Omnisports de Bercy (renommé depuis AccorHotels Arena, ça fait mal toujours à la morale de le dire), Michel Polnareff effectuait la première de ses quatre dates prévues au sein de l’enceinte immense qui borde la Seine et le ministère de l’Économie et des Finances. Scénographie impressionnante, pêche juvénile (malgré les 71 ans du protagoniste), tubes en rafales, hommage à Prince, et contrairement à ce qu’il se lit une enceinte remplie : tout le monde au Paradis.

Scéno grandiose, jukebox humain

Il y a 18 263 jours (c’est lui qui le dit), Michel Polnareff effectuait son tout premier passage à la télévision. Pas encore pourvu de ses lunettes blanches et de ses cheveux blonds frisés (qu’il arborait bien sûr hier soir, tout comme un certain nombre d’autres personnes dans le public d’ailleurs…), il y jouait alors « La Poupée qui fait Non », lançant une carrière que l’on sait marquée par une flopée de tubes immortels dont il interpréta les plus fameux extraits hier soir, pour la plus grande satisfaction (ostentatoire) du public largement quinqua du coin (y a aussi quelques jeunes tout de même, des VIP très VIP aux premiers rangs et des touristes asiatiques déguisés de la tête aux pieds). Pas de raretés (si ce n’est le pénible « L’homme en rouge », issu de son prochain album), que des chansons que personne ne peut ignorer. Tant mieux.

Et après avoir débuté avec « Je Suis un Homme », c’est justement avec cette poupée pas consentante qui ne sait rien d’autres faire que de répondre par la négative (quelle chipie) qu’il enchaîne. Derrière lui, les traits de cette poupée sont d’ailleurs dessinés, incarnés par une femme dont la silhouette, plus fantasmagorique que réelle, apparaît sur ces écrans géants vidéos là pour joindre une touche résolument moderne à un show admirablement habillé, et souvent même en 3D, comme lorsque cette arbre de vie, majestueux et orangé, se défeuille et se re-feuille au moment de l’interprétation du traumatique « Qui a tué Grand-Maman ». Très réussi.

Choeurs partout

Sur scène, 7 musiciens (dont un formidable qui joue parfois simultanément guitare et clavier) accompagnent Polnareff (le show est parfois musclé), et des choristes dont les 3 entités féminines ont la même coupe de cheveux que le protagoniste central du soir. Choristes sur scène, et aussi dans le public : les paroles de chacun des titres qui défilent ce soir sont repris, des superbes « Le Bal des Laze » (l’intérieur d’une cathédrale gothique se dessine)  et « Love Me, Please Love Me » interprétés par Polnareff au piano, à ce « Holidays » un peu kitchouille (et un peu en playback aussi, mais tant pis, c’est que sur celui-là).

Ce public, l’homme à la veste noire déchirée dans le dos (c’est fait exprès) le taquinera tout le long de la soirée (« j’ai un analyser d’ambiance, et pour l’instant, on est à moins 20 »), mettant gentiment en avant son manque d’entrain (il est vrai qu’au début, c’est pas folichon niveau ambiance), qu’il lie surtout à cet espace devenu AccorHotels Arena, et dans les hôtels, « on y dort ». Assez drôle, franchement auto-dérisoire (« y avait tellement de fleurs dans ma loge que j’ai cru que j’étais mort »). Polnareff quoi.

Pensée pour Prince & confettis

Il faut en réalité attendre véritablement la toute fin du concert pour que les corps se relâchent pour de vrai. Après cet hommage rendu à Prince en fait, lorsque les accords de « Purple Rain » commencent à résonner (Polnareff immobile avec la main posée sur le coeur, et les choristes qui assurent la partie vocale) et que les murs aux alentours se colorèrent d’un violet tranchant. Applaudissements sonores pour celui qui, selon la maxime imposée ici, nous attend forcément là-haut dans les cieux (si même les chiens et les requins y sont, Prince devrait y être aussi), et quelques personnes dans le public qui quittent enfin leurs sièges (car la fosse en est remplie) pour aller se presser au-devant de la scène. Ceux-là pourront alors serrer la pince de Michel, venu prendre un petit bain de foule, voir de près ce cul qu’il propose de nouveau à la vue de tous « pour les nostalgiques » (mais avec un froc cette fois), constater que Polna gère encore très bien les aigus (sur « Goodbye Marilou »), et surtout, profiter de la fin vitaminée d’un live marqué par les interprétations de « Tout, tout pour ma chérie », de « Kâma-Sutrâ », et de l’éternel « On ira tous au Paradis » pour clôturer un show d’1heure 30, proposé dans une version karaoké-confettis-sourires sur les visages. Qu’on ait fait le bien ou bien le mal, une seule certitude et un jeu de mot facile : beaucoup y étaient assurément hier déjà au Paradis, comme le seront sans doute ceux qui assisteront de nouveau à ce live ce soir, demain et après-demain.

Visuels : (c) DR


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COMMENTAIRES:

  1. yahia e

    super spectacle merci a tous son staff egalement je suis egalement a la recherche de video ou bien de photos du spectacle du 8 mai n’hesiter pas merci

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