Le joli mois de Mai de Léo Ferré

28 mai 2018 Par
Jean-Christophe Mary
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Depuis ses débuts Léo Ferré n a jamais hésité à défendre ses idées et sa vision de l actualité sociale et politique à travers ses chansons. La jeunesse de mai 68 va trouver dans ses mots un écho visionnaire à ses aspirations politiques et sociétales.

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Anarchiste, révolutionnaire, né sous le double signe de poète musicien celui qui a depuis ses débuts au Bœuf sur le toit en 1946 a toujours avancé ses visons révolutionnaire sera pourtant l’un des grands absents des événements de 1968. Cette année là, le poète qui vient de perdre sa petite guenon chimpanzé « Pépée » se console en flirtant le parfait amour avec sa nouvelle compagne Marie Christine. Le 10 mai durant la nuit des barricades, Léo Ferré chante l’anarchie à la Mutualité plutôt que de la rejoindre concrètement les étudiants et les ouvriers dans la rue. A ceux qui le lui reprochent de ne pas être sur les barricades cette nuit là , il rétorque : » Mes barricades, cela fiat 20 ans que je les construit ». Démonstration est faite par ce triple album qui montre tout l’engagement sociale et politique de Léo Ferré depuis ses premiers pas sur scène. On retrouve dans cette anthologie tous les brûlots du poète : Le temps des roses rouges, Mon général, Graine d’ananar, Ni Dieu, ni maître, Ils ont voté, Quartier Latin, Salut Beatnik…Nouveau public et nouvelle veine créatrice Léo Ferré enregistre l’année suivante « l’Eté 68 » qui contient des titres forts tels « Madame la misère » « L’Été 68 », un hommage dédié à « Pépée » et c’est gros tubes « C’est extra » ou « Les Anarchistes ». Ferré apparaît sur scène cheveux longs poing levé et scande le rouge pour naître à Barcelone, le noir pour mourir à Paris. Tous les enfants de mai 1968 se retrouveront dans le double album Amour Anarchie paru en 1970. Cinquante ans plus tard, on redécouvre que toutes ces chansons, témoins d’une époque pleine de rêves et d’utopie n’ont pas pris une ride. A noter l’intégralité du concert piano voix que l’artiste donne à la Mutualité le 10 mai 1968. Le public écoute religieusement alors qu’au même moment les rues de Paris connaissent une nuit de bruit et de fureur sans précédent. Un moment saisissant.

Jean-Christophe Mary

Mai 1968

CD1 « Avec mes idées toujours les mêmes »

Le temps des roses rouges, Mon général, Le Flamenco de Paris, Monsieur tout blanc, Vitrines, L’homme, Graine d’ananar, La vie moderne, La mauvaise graine, L’âge d’or, Thank you Satan, Pacific blues, Y’en a marre, Sans façon Franco la muerte, Ni Dieu, ni maître, Ils ont voté, Quartier Latin, Salut Beatnik

CD2 68 « ! Et des poussières… « 

Comme une fille, Les anarchistes, L’été 68, C’est extra, Madame la misère, Paris je ne t’aime plus, Poète, vos papiers !, Le chien (poème), Le conditionnel de variété, Faites l’amour, La solitude, Les étrangers, L’oppression, Il n’y a plus rien

CD3 en public inédit à La Mutualité le 10 mai 1968

La mort, C’est un air, L’amour, Salut beatnik, Quartier latin, Les gares les ports, Le bonheur, Le lit, Ils ont voté, Madame la misère, La Marseillaise, La nuit, Le testament, Pépée, Spleen, Les anarchistes Bonus Bobino 69 La révolution