Blues : rencontre de The Hub et chronique de A Sleepless Night

7 février 2011 Par Francois-Xavier Delaby | 0 commentaires

Dernier projet en date du fécond Yarol Poupaud, The Hub publie aujourd’hui même A Sleepless Night, très bel album de blues électrique. L’occasion de rencontrer les deux musiciens qui forment le noyau du groupe.

The Hub, c’est d’abord une rencontre : celle de deux hommes, Hubert #06 et Yarol Poupaud. La rencontre de deux histoires musicales. La première, celle de Hubert, respire le blues, transpire les grands noms du genre, ce qui lui a notamment valu le prix électro acoustique fin 2009 au festival Blues sur Seine. La seconde trouve ses racines dans l’un des plus grands groupes de funk rock français, FFF. Soliste du groupe (qui s’est dissous en 2000), on trouve aujourd’hui Yarol Poupaud dans d’autres groupes (Heartbreak Hotel, au côté de feu Nikola Acin, Mud) et dans le rôle de producteur qu’il a depuis la création de son label Bonus Tracks Record avec Caroline de Maigret. C’est la confluence de ces deux histoires qui donne aujourd’hui naissance au premier album de The Hub, A Sleepless Night.

Ce petit rappel concernant les deux collaborateurs n’est pas sans importance, à l’écoute de ce très bel album qui contient l’ensemble des éléments que l’on attend d’un très bon blues. Celui qui fait transpirer sur (« Non, ne dis rien »), groover (l’étonnant « Six Feet Underground »), qui raconte des histoires et invite au voyage (le magnifique « A Voice Calling My Name »), sans jamais tomber dans l’ennui ou le plagiat. 14 titres qui nourrissent réellement l’imaginaire lié au blues. Un album qui expose une définition du blues avec ses différentes atmosphères, ses multiples paysages, ainsi qu’une variété de timbres et de techniques oscillant entre la maîtrise et l’inventivité. « A Letter In the Air » en est la preuve même : une guitare, une voix ; un titre qui vient tirer du subconscient toutes les images du blues.

Deux explications : une culture musicale intelligement utilisée et un travail de production qui permet d’apprécier un album respirant l’histoire de cette musique. C’est dans ce choc des espaces temporels que cet album prend vraiment toute sa force. A Sleepless Night revisite le genre pour le rendre actuel, sans pour autant oublier son lourd, mais au combien glorieux passé. Un seul style mais tout y est !

Rencontre avec les deux protagonistes en question : Hubert et Yarol, qui nous ont gentiment interprété le titre « Non, ne dis rien » (que nous publierons bientôt).

Votre rencontre et l’enregistrement: vous pouvez nous raconter ?

Hubert : Au départ, il y a un amour commun pour la musique traditionnelle américaine. J’étais souvent aux concerts du groupe de Yarol, Heartbreak Hotel. L’origine du projet était un peu la même que celle de mon premier album en solo : One Man Delta Blues Show. C’est à dire avoir des chansons qui se tiennent rien qu’avec une guitare. Le processus de création et d’enregistrement, c’était donc d’arriver avec des structures très « roots » et de les habiller petit à petit avec une basse, une batterie. Une des influences positives de Yarol, c’est l’apparition de textes en français.

Yarol : Nous avions un peu les mêmes goûts. On s’est croisés plusieurs fois dans Paris et on a commencé à se voir régulièrement, à se dire que l’on pouvait mettre d’autres choses sur les chansons de Hubert. A l’origine on ne savait même pas que nous voulions faire un disque. On enregistrait juste des trucs un peu comme ça et puis au bout de 15-20 chansons, nous avons choisi les meilleures et voilà l’album. Donc c’est un travail qui s’est fait sans pression. On a fait un peu la même démarche que les Stones en 63. Mais toujours avec une volonté d’être dans l’air du temps et de varier les plaisirs. Donc tu as des morceaux où on a rajouté beaucoup de choses, et d’autres sur lesquels on n’a rien mis, parce qu’on a jugé que c’était mieux comme ça. Sur « A Letter In the Air » par exemple.

A Sleepless Night est un album de blues. Mais il explore différents styles de blues, n’est-ce pas ?

Hubert : En tout cas ce n’est pas un parti pris calculé, on ne voulait pas créer une encyclopédie du blues. C’est plus en fonction de chaque morceau. Mais en même temps, j’ai la sensation de quelque chose de très cohérent.

Yarol : En fonction du morceau, j’avais plutôt envie de tel ou tel arrangement ; c’est toujours ce que j’ai aimé faire. Ce serait dommage d’avoir un album où toutes les chansons se ressemblent. Cependant, on n’est pas traditionalistes. On n’a pas voulu faire un album daté qui est dans le style actuel, mais on n’a pas non plus voulu faire sonner le blues comme dans les années précédentes ou dans le passé. On a juste voulu faire sonner les titres comme on le voulait aujourd’hui, de façon plus intuitive. Pas se référer au passé, mais pas non plus au présent.

Hubert : Je m’inquiétais de la date de la sortie de l’album, et on a remarqué que c’est un album qui aurait pu être enregistré il y a dix ans ou dans dix ans. Il n’est ancré dans le passé, ni dans le présent.

Qui a collaboré à cet album ?

Hubert : Nous avons travaillé avec un harmoniciste reconnu dans le milieu du blues, Steve Verbeke, qui a beaucoup joué avec nous. C’est le principal musicien externe. On a également fait appel à Little Victor qui est un producteur et chanteur connu dans le blues, qui m’a transmis beaucoup de choses par rapport à ce courant musical.

Comment allez-vous le défendre en live ?

Hubert : La formule de base, c’est nous deux. Parfois, il y a de l’harmonica en plus ou un batteur pour les gros concerts. Je peux aussi faire vivre les chansons en solo. Mais la formule la plus percutante et originale, c’est quand nous sommes à deux. On a déjà quelques dates, dont une à La Cigale le 20 mai.

Bonus Tracks Record, ton label fonctionne plutôt bien, tu veux bien nous en parler un peu ?

Yarol : L’album juste avant, c’est celui des The Parisians, qui n’est pas du tout un album de blues. Actuellement, on travaille sur un projet un peu plus folk, psyché. Je n’ai pas envie de faire que des disques de rock ou de blues, j’essaie de toucher un peu à tout.

Hubert : C’est d’ailleurs ce qui m’a attiré vers Yarol. Je n’avais pas envie de travailler avec un label de blues. Et l’idée de travailler avec un label qui joue sur cette diversité, je pense que c’est plutôt une bonne chose pour l’album.

The Hub, A Sleepless Night (Bonus Track Records)

Site de Bonus Track Records
MySpace de Hubert #06


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: