« Big Boy » de Charlotte Cardin: un patchwork musical réussi

25 juillet 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

La québécoise Charlotte Cardin a sorti en plein milieu du mois de juillet son projet Big Boy. Un EP réussi aux sonorités jazzy, soul, électro, pop et hip-hop. Tout cela teinté d’une voix exceptionnelle.

Comment mélanger des influences aussi différentes que Radio Head, Céline Dion et Aretha Franklin sur un même disque ? Charlotte Cardin a trouvé la solution sur son EP, Big Boy, paru le 15 Juillet. La gagnante de l’édition 2013 de La Voix, a même fait mieux. Elle réussit à actualiser et magnifier ses références. La chanson éponyme de ce mini-album le prouve. A la croisée du nu-jazz et du hip-hop, le titre est sublimé par la voix très soul de la québécoise. Autant vous dire que dès les premières minutes de l’opus vous serez accrochés. Sur Like it doesn’t hurt, on retrouve les rhodes chers au trip-hop de Radio Head. Puis au bout de quelques secondes, vous basculez dans un tout autre univers beaucoup plus proche du hip-hop et de l’électro actuel. Tout cela teinté d’un spleen capable de vous submerger de mélancolie même en ses belles journées d’été.

Cette capacité à nous faire rentrer dans son univers, nous a rappelé Amy Winehouse. Elle partage, également, avec la défunte artiste de Londres, des similarités dans la signature vocale. Les instruments de cet œuvre ressemblent, quant à elles, aux productions de Christine and the Queens. Les rythmes sont lents. Les mélodies mêlent synthétiseurs issus de la musique assistée par ordinateur et instruments réels. Les batteries hyper compressées sont inspirées des meilleurs beatmakers du rap américain. Bref, dans Big Boy, l’ancienne mannequin nous livre un savant assemblage de sons organiques et synthétiques. On ressent aussi cette volonté de ne pas surcharger les beats. Les instrumentales sont minimalistes et loin d’être surchargées. Cela permet de laisser une vraie place à la voix de l’artiste mais surtout à ses textes.

Dans ce six titres, les paroles tournent autour de ces thèmes inépuisables : l’amour et la rupture. On peut penser que comme beaucoup d’artistes, Charlotte Cardin a écrit ses lyrics suite à un déchirement amoureux. Que nenni. Dans le journal de Montréal, elle confie : « Mon EP s’intitule Big Boy parce que trouvais ça drôle de faire semblant que tout l’album est à propos d’une seule personne. Je ne m’inspire pas de mes histoires personnelles. J’aime construire une histoire à partir d’une émotion que j’ai pu ressentir quand des gens partagent des choses avec moi ».

Ses sentiments, elle les chante en deux langues. L’album est, d’ailleurs, coupé en deux. Une première partie est composée de titres en anglais et l’autre de balades en français. Un petit défaut de réalisation de cet opus qui entache sa cohérence. Le projet reste néanmoins un petit bijou. Parfait pour nous faire patienter jusqu’à la sortie du premier vrai album.

Visuel: © Instagram


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