Abécédaire musical : I et J

8 juillet 2008 Par admin | 1 commentaire

Aujourd’hui, I comme Indus et IDM, et J comme Jazz Metal et Jangle Pop.

comme Indus

Marilyn Manson est sûrement le musicien le plus effrayant, choquant et sale ayant jamais existé aux yeux du grand public. Et pour cause, le bougre a bien appris les leçons de son maître à penser, Trent Reznor, le pape de la musique industrielle. Car dès ses origines, ce style a été fait pour déstabiliser. L’indus se base sur l’introduction d’objets non musicaux et de sons synthétisés dans la musique (voire d’infra-basses physiquement douloureuses), sur une imagerie provocante et une ambiance glaciale. Après une première vague à la fin des années 70, l’essor de la musique électronique lui a permis de refaire surface dans un courant post-industriel. Toutefois, sa naissance théorique est sujette à polémique. Certains prétendent que c’est la concrétisation de « L’art des bruits » du futuriste Luigi Russolo qui a posé les bases du mouvement, tandis que d’autres l’attribuent aux théories des années 40 notamment celles de Pierre Henry. Cherchez bien, vous trouverez sûrement une trace de son influence dans votre discothèque.

Albums essentiels :

Throbbing Gristle – 20 Jazz Funk Greats (1979)
Ministry – The Land of Rape and Honey (1988)
Nine inch nails – The Downward Spiral (1994)

Nine Inch Nails – Closer

I comme Intelligent Dance Music

Au début des 90’s, la musique électronique déserte les dancefloors et les raves pour les chambres d’étudiants, peuplées de geeks encyclopédistes et bidouilleurs. Emmenée par le label britannique Warp, l’Intelligent Dance Music (IDM) est née. Rejeton cérébral de la techno, le style est popularisé par des poids lourds tels qu’Aphex Twin, Autechre ou LFO. Qu’elle soit mâtinée d’ambient ou basée sur l’expérimentation, l’IDM n’existe cependant que pour ses auditeurs. En effet, des éminences grises telles que Richard D. James ou Kid 606 rejettent avec vigueur l’étiquette et « ses champions de l’élitisme détestables ». A l’heure de l’électro récréative, beaucoup de mélomanes et de DJ en herbe écument pourtant encore les médiathèques municipales à la recherche d’un album de Boards of Canada.

Albums essentiels :

LFO – Frequencies (1991)
Warp – Artificial Intelligence (1992)
Autechre – Incunabula (1993)

Autechre – Gantz Graf

J comme Jazz Metal

Entre les deux styles, il y a un fossé grand comme l’océan. Et pourtant, de plus en plus d’allumés des deux bords osent le rapprochement. Une poignée d’artistes reste historiquement attachée au phénomène tels que le saxophoniste John Zorn avec ses groupes Naked City ou Painkiller, ou encore ses amis de Mr Bungle. Mais depuis, d’autres combos ont abordé les choses de façon moins expérimentale. C’est le cas d’Ephel Duath, ancien groupe de black metal, qui a signé avec Painter’s Palette le mélange le plus homogène qui soit entre jazz et metal. Ou les talentueux Candiria à New-York qui ont exploré le domaine mais de façon plus dispersée. Bien plus qu’un phénomène localisé, cette tendance touche le monde entier : en France avec la formation 1980, en Allemagne avec Panzer Balett, au Chili avec Coprofago. Avec à la clé, une musique cérébrale mais énergique, des polyrythmies à la pelle et un créneau qui invite à l’exploration musicale sans limite.

Albums essentiels :

Naked City – Naked City (1989)
Ephel Duath – Painter’s Palette (2003)
Coprofago – Unorthodox Creative Criteria (2005)

Ephel Duath – The Passage

J comme Jangle Pop

La « pop casserole » possède la particularité d’être un style dérivé d’un instrument, puisque le terme « jangle » désigne le son produit par une guitare Rickenbacker 12-cordes. Et si la traduction suggère une musique braillarde, la jangle pop a d’abord désigné certains morceaux des Beatles ou des Byrds. Ce n’est qu’avec la naissance de la power-pop dans les années 70 qu’elle se nuance et se charge en dissonances. Et si les Smiths restent les parangons du genre, d’autres formations plus obscures mais tout aussi majeures, comme les Go-Betweens ou Orange Juice (et leur label Postcard), ont apporté leur pierre à cet édifice pop parfait et bancal. Nul doute que sans des chansons comme « Bigmouth Strikes Again » ou « Cattle & Cane », les Libertines n’auraient probablement jamais vu le jour.

Albums essentiels :

The Go-Betweens – Before Hollywood (1983)
Orange Juice – You Can’t Hide Your Love Forever (1984)
The Smiths – The Queen Is Dead (1986)

The Smiths – Bigmouth Strikes Again/Vicar In A Tutu

Yves Bouillon & Olivier Tesquet


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